La première publication post élection présidentielle du baromètre
Ifop-JDD (Lien), qui mesure depuis quarante ans l'indice de « satisfaction »
des français vis-à-vis du couple exécutif, situe le nouveau Premier Ministre au
sommet (65%) et le Président à un niveau (61%) qui témoigne de la perception
positive par l'opinion des débuts de François Hollande. J’avoue que ce résultat ne me surprend pas. Quelques actes
symboliques : baisse des salaires des ministres et du Président (-30 %), une
poignée de déplacements en TGV pendant qu'Air Sarko One restait sur le tarmac, parité femmes / hommes au gouvernement,
attitudes et discours plutôt fermes et positifs face à Merkel et Poutine… Jusque
là tout va bien et tout va bien aller jusqu’au soir du deuxième tour des
élections législatives.
C’est après que les choses vont se tendre car il va falloir agir
sur tous les fronts à la fois pour relancer la croissance et créer ainsi les
marges de manœuvre nécessaires aux réformes structurelles indispensables au
redressement de nos finances publique et au retour vers le plein emploi. C'est-à-dire
utiliser tous les moyens de l'Union (Banque Européenne d'Investissement, fonds
structurels, « project bonds », etc.), de nature à aider l'activité,
mais aussi enfin à encourager (forcer !) la Banque Centrale Européenne à déployer des
moyens pas très orthodoxes (un peu d’inflation, création des « euro bonds »,
…).
Les banques européennes et donc les banques françaises qui sont le poumon de notre économie doivent être enfin recapitalisées et leurs missions
clairement définies, encadrées et contrôlées. Dans le même temps, il faut avoir
le courage de balayer le pouvoir de la bureaucratie européenne et de transférer
ce pouvoir à des hommes et des femmes politiques d’envergure et de talent…
Ceux-ci, ainsi que les dirigeants de chaque pays de l’UE
devront peser sur la politique économique chinoise, indienne, brésilienne… pour
que ces pays adoptent une politique de croissance de leur demande intérieure et
une ouverture des frontières douanières (ce qui n’est ni plus ni moins ce que
nous demandons aujourd’hui à l’Allemagne quant à sa demande intérieure). 75 %
de la croissance mondiale provient d’Asie et d’Amérique du Sud. Seulement 2 %
des exportations de l’UE vont vers la Chine et 7 % vers les autres pays
émergeants.
Pas facile… mais nécessaire, voire vital !
Après le 17 juin, le vrai travail commence…

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