Et de trois ? L’illusion aura été de courte durée. Pif ! Paf ! L’UE vient de renvoyer notre gouvernement à ses chères études. Ce n’est pas à un rythme de croissance de 1% que va « croitre » notre PIB en 2012 mais à 0,6 % selon les experts européens. Petit rappel. Ce taux de 1% avait été annoncé par notre Président au cours de sa dernière allocution ( qui ne remonte pas au calendes grecques ). Deuxième petit rappel. Le budget 2012, construit il y a quelques mois retenait une hypothèse de croissance de 1,75 % soit 3 fois plus. Une paille ! Troisième petit rappel. Bank of America annonce pour l’hexagone, une contraction du PIB à – 0,60 % l’année prochaine.
Résultat quasi immédiat : le dernier plan annoncé en fanfare comme l’alpha et l’omega de la lutte contre le creusement de la dette publique ( restons dans le référentiel grec ) se révèle, dans l’hypothèse de l’ UE, trop court de 6 à 8 milliards. Allez Moumoune, remet le budget sur l’établi, faut encore lui flanquer quelques coûts de rabot.
Pourquoi une telle situation ? Parce que nos dirigeants, à commencer par le premier d’entre-eux, nous mentent. Tout simplement. Il est probable, voire certain, que l’économie française soit en récession l’année prochaine. Cette annonce et les mesures correctives liées à cette situation, ne sont pas électoralement très porteuses. Et comme cela ne vous a pas échappé, l’année prochaine… Nous votons ! D’où ces espèces de plans qui n’en sont pas vraiment et qui se succèdent pour temporiser jusqu’aux législatives de 2012. Plans à double objectif :
- ne pas affoler Monsieur Lémarchet,
- préserver les chances de réélection de Nicolas Sarkozy.
Le « vrai » plan, c’est à l’été 2012 qu’il sera annoncé pas avant et c’est à ce moment que nous saurons enfin comment nous allons payer nos dettes inscrites dans « les calendaria » ( grec, je vous dis, grec ). Mais pendant ce temps, le monde tourne. D’ailleurs Standard and Poor’s vient d’offrir une « couturière* » hier à Monsieur Lémarchet sur le thème « La France vient de perdre son triple A ». Preuve que tout est déjà en place pour cette fameuse dégradation.
Tiens, au passage, dans le droit français, la diffusion de fausses informations est un délit depuis l'ordonnance n° 67-833 du 28.09.1966 et la loi du 02/08/1989 donnant pouvoir de sanction à la COB ( Commission des Opérations de Bourse dit " le gendarme de la Bourse " remplacée en 2003 par l'AMF, Autorité des Marchés Financiers ( lien ) ).
Pour ce qui concerne plus particulièrement le mécanisme de creusement de la dette publique, il s’est mis en place en 1973, ce qui ne nous rajeunit pas. C’est la loi Pompidou-Giscard de 1973 portant sur la Banque de France, dite « loi Rothschild », du nom de la banque dont était issu le président français, étendue et confortée ensuite au niveau de l’Union Européenne par les traités de Maastricht ( article 104 ) et Lisbonne ( article 123 ) qui a mis en place cette mécanique infernale. En une seule phrase, le piège était en place : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». En clair dans le texte, la Banque de France a eu, à partir de la mise en œuvre de cette loi, interdiction de faire crédit à l’État, le condamnant à se financer en empruntant, contre intérêts, aux banques privées, au lieu de continuer à emprunter sans intérêt auprès de la Banque de France qui lui appartient et qui aurait pu émettre la monnaie nécessaire au développement de l’économie moyennant une inflation certes réelle mais plus contrôlable que les acteurs financiers mondiaux,
*On appelle la couturière l’avant-dernière répétition d’une pièce de théâtre, celle précédant la générale. Le nom vient du fait qu’elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.


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