Depuis hier, une déclaration de notre Président de la République tourne en boucle dans toutes les rédactions et sur internet. Pour ceux qui n’auraient pas entendu cet extrait de discours, je résume brièvement. Dans cette allocution prononcée au cours d’un déplacement dans une usine de l’Oise, Nicolas Sarkozy indique être plus préoccupé, plus concerné par des employés du secteur privé qui sont en première ligne face à la mondialisation ( cadres, employés, ouvriers ) que par les problématiques et revendications des travailleurs du secteur public. Cette prise de position est à remettre en perspective avec la manifestation des enseignants qui se déroulait hier. Triple faute.
Premièrement même si depuis la Présidence de De Gaulle ( dont je respecte la mémoire mais dont je ne suis pas nostalgique et qui n’a pas que des réussites à son actif ) nos Présidents successifs ne nous ont pas habitués à une telle attitude, j’ai la faiblesse de croire qu’un Président doit être concerné par tous les problèmes de tous les Français car, une fois élu, il n’est plus chef de parti, représentant de telle ou telle classe sociale, vrp de lobbies industriels ou financiers, il devient tout simplement le représentant de notre pays et de tous les citoyens.
Deuxièmement, cette « sortie » visait les enseignants, qui sont, pour une grande majorité d’entres-eux fonctionnaires car employés par l’État. Mais il n’y avait pas que des fonctionnaires dans cette manifestation. Encore d’ailleurs une grande première à noter au bilan de ce quinquennat. Les salariés enseignants du privé marchaient main dans la main avec leurs collègues du public. Et eux, ils peuvent se faire virer sans tambour ni trompette car ils ne bénéficient pas d’une garantie d’emploi.
Troisièmement, je ne partage pas l’analyse présidentielle qui considère que la fonction publique n’est pas exposée à la mondialisation. Mais bien entendu la fonction publique est exposée à la mondialisation. D'ailleurs, elle ne le serait pas, le gouvernement aurait-il mis en place cette sorte de plan social qui consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux parmi ceux partant à la retraite ? C’est parce notre fonction publique, épine dorsale de notre pays est exposée à la mondialisation qu’il faut la rendre performante là où elle ne l’est pas encore, accroître son efficacité et son efficience encore et toujours sans renoncer aux missions de service public. Pas facile en temps de crise… Mais plus que nécessaire… Vital. Et ce n'est pas en stigmatisant des personnes ou en les désignant comme des privilégiés qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes !

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