La marche a été longue. Vous vous êtes battu pendant plus d’un
an. D’abord contre des « amis » et des « camarades » dont l’écrasante
majorité se déclarait ouvertement prêts à expédier un obsédé sexuel au palais
de l’Élysée au prétexte qu’il était le seul à disposer de l’expertise
financière nécessaire au redressement de la France. Une fois les primaires de
votre parti gagnées, primaires où les coups bas et les petites phrases firent
les délices des journalistes, vous avez du affronter les autres candidats au
premier tour des élections présidentielles. A votre gauche, Méchenlon
promettait la lune à qui voterait pour lui et Joly rêvait en couleurs. A droite,
Sarkozy et Le Pen « clivaient à qui mieux-mieux » et grimpaient au
cocotier pour décrocher la timbale des extrêmes alors qu’au milieu de ce grand
nulle part, Bayrou s’époumonait en vain sur des sujets vitaux pour l’avenir de
notre pays.
Après les derniers quinze jours d’âpre campagne face à
Nicolas Sarkozy, quinze jours longs, ennuyeux, frileux qui n’enthousiasmèrent
qu’une minorité de chaque camp, vous voici élu Président de notre pays pour les
cinq prochaines années.
Gagner un tel marathon n’est pas chose aisé et je vous en
félicite. Que de volonté, d’énergie, de détermination, de rage peut être pour
en arriver là.
Pourtant, le plus dur reste à faire.
D’abord parce que les électeurs ayant eu recours au vote
blanc ou nul n’ont jamais été aussi nombreux à une élection présidentielle (5,80 %) preuve que beaucoup d’entre-nous ne se reconnaissaient pas dans les
deux finalistes de cette élection. Pas dans les hommes, pas dans les programmes. Mais aussi parce que si vous avez gagné, c’est
aussi, comme aurait dit ce bon monsieur de La Palisse, parce que votre
adversaire a perdu car il devait aussi se battre contre lui-même. Une
personnalité controversée, un bilan mitigé, un comportement discutable ont
suffi à déplacer les quelques centaines de milliers de voix qui vous séparent
de votre compétiteur.
Quoi qu’il en soit, vous voici maître de nos destinées. Redonnez-nous
confiance dans l’avenir. Encouragez et récompensez l’effort. Protégez les
faibles en leur offrant la possibilité de se prendre en main et de se
construire une vie meilleure. Faîtes que les forts restent forts mais qu’ils le
soient avant tout au service de leur pays. Sanctionnez sans faiblesse ceux qui oseront
jouer contre les intérêts de notre pays quelles que soient leurs origines
sociales, ethniques ou religieuses. Ne promettez que ce que vous êtes certain
de tenir. Ne vivez pas dans une tour d'ivoire entouré de flatteurs qui n'ont pour but premier que de vivre des largesses de la République. Faîtes éclore de nouveaux talents dans la vie publique et coupez les
vieux arbres secs et sans fruit qui l'encombrent encore…
Vous avez déclaré, il y a quelques heures, être « le
Président de la jeunesse ». C’est bien car une jeunesse instruite et
formée aux règles de notre démocratie est un atout et la promesse d’un avenir
meilleur pour tous. Mais ce n’est pas suffisant. Vous vous devez d’être le
Président de tous les français. Appropriez-vous votre peuple, tout votre peuple
! C’est avant tout par ce symbole que passe le redressement de notre pays.
Je vous souhaite bonne chance dans votre mission car en
appelant à votre succès, j’espère, au delà de ce qui nous sépare, en la réussite de mon pays.
9 commentaires:
1.-Ce n'est pas un vote "pour", mais un vote "contre"!...
2.- les drapeaux algeriens, lybiens, marocains de la place de la Bastille n'avaient rien à y faire: c'est indécent!...
3.- il y a un certain nombre de personnages à l'UMP qui devraient retourner à leurs chères études...
Ils n'ont manifestement pas ni lu les mémoires ni écouté les discours du Général...
Concernant le point 1, je suis d'accord avec vous.
Concernant le point 2 aussi. Reste à notre nouveau Président à résoudre ce problème de communautarisme.
" Sanctionnez sans faiblesse ceux qui oseront jouer contre les intérêts de notre pays quelles que soient leurs origines sociales, ethniques ou religieuses. "
Concernant le point 3 ; ces responsables montrent que nous avons probablement une des droites les plus bêtes du monde....
Les commentateurs de "C'est dans l'air" ont dit beaucoup mieux que je ne saurais le faire à quel point il fallait relativiser la présence de drapeaux apparemment étrangers sur la place de la Bastille.
Ne tombons pas dans l'excçès d'intégrisme.
Je ne pense pas qu'il faille relativiser la présence de drapeaux étrangers envoyés à la corne du mât, et hors "courtoisie" autorisée sur le territoire national.
Un drapeau est un symbole majeur. Il a une signification très particulière! Il représente un pays, un peuple, et une nation (natio: la terre des pères...).
Il est aussi l'image de beaucoup de choses : la culture, la civilisation, les arts, les lettres, un Histoire, etc... Tout un patrimoine en fait. Le brûler, ou se torcher avec comme l'a fait un imbécile, c'est nier, refuser, voire vouloir détruire inconsciemment tout un peuple et son histoire. C'est donc un crime absolu comme le soulignait Malraux.
Envoyer les couleurs, a toujours une signification diplomatique ou militaire. C'est un acte d'affirmation. On fait "claquer" les couleurs au vent. C'est aussi un acte de déclaration de possession qui peut être aussi un casus belli.
C'est loin d'être anodin donc. Ce genre de signe, je dirais signal, a une signification forcément guerrière. C'est ce que l'on apprend dans nos écoles militaires. Et c'est aussi ce qui est enseigné dans les autre écoles militaires étrangères. Nos camarades et concurrents de la Navy (RN) y sont très très attentifs!. C'est aussi , comme nous un très vieux pays à la longue histoire. Demain, c'est le 8 mai : c'est le jour où les rares vétérans qui restent iront se souvenir, se recueillir au pied du mât de pavillon en souvenir d'une horrible guerre. Quand ils verront les couleurs flotter, ils se souviendront de la signification de leur engagement...
Relativiser au nom du "tout se vaut" , la présence de drapeaux du FLN, ou du Neo-Destour, ou de l'Istiqlal ou je ne sais quoi encore n'est pas non plus anodin: c'est de la provocation...
La lecture du protocole relatif au pavillon, au drapeau le montre. Si nos contemporains n'attachent pas actuellement une attention particulière à cela, c'est parce qu'ils méconnaissent la signification des symboles.
En d'autres lieux, brandir un drapeau tricolore sans autorisation peut valoir un tir sans sommations et son porteurs abattu... Tout simplement!
J'ai aussi personnellement le souvenir d'une personne qui ne s'était pas découverte lors de l'envoi des couleurs du matin par des soldats français: dans un premier temps, sa coiffure fut arrachée d'un revers de main et dans un second, un sapeur légionnaire présent, Américain, lui a mis le poing sur la figure... Cela n'a choqué personne, une simple piqûre de rappel!...
À Padrig
Je suis d'accord, le drapeau, comme l'hymne national, est un symbole mais, derrière un symbole, chacun met ce qu'il veut.
Quand les spectateurs hurlent la Marseillaise en brandissant les 3 couleurs à l'occasion d'un match de foot-ball, font-ils preuve de patriotisme ou de chauvinisme?
Je suis d'accord avec vous quand vous énumérez ce dont le drapeau est l'image, tout un patrimoine dites-vous.
Mais ce patrimoine ne nous est pas arrivé en bloc, d'un seul coup comme les tables de la loi. Il s'est construit lentement, douloureusement, Il y a eu -entre autres- les Armagnacs et les Bourguignons, les huguenots et les catholiques (et Paris valait bien une messe!), les royalistes et les révolutionnaires, les communards et les autres (avaient-ils un nom?).
Heureusement, progressivement l'évolution de la société est devenue moins brutale et, que nous le voulions ou pas, que nous l'aimions ou pas, cette évolution continuera (vers l'oméga de Teihard?),
Je suis Français et je n'en suis pas fier, n'ayant rien fait pour cela d'autre que de naître en cet endroit du monde. Cela ne me donne aucune particularité vis-à-vis d'un Anglais ou d'un Allemand ou de quiconque. J'apprécie autant Beethoven que Ravel, Chateaubriand que Goethe et Leonardo que Van Gogh (il était français celui-ci?).
Je suis un être humain comme tous les autres de la planète; je suis moi-même mais pas différent des autres.
Pour conclure, croyez-vous que les Français aient fait preuve de beaucoup de "courtoisie" en faisant flotter leur drapeau pendant un siècle sur beaucoup de pays au sud de la Méditerranée et ailleurs dans le monde?
Cordialement
JPD
1.- Vous oubliez les raisons pour lesquelles , la France a fait flotter ses couleurs outre-méditerranée.. (je sais , ce n'est pas correct de rappeler les expéditions des pirates d'Alger, de Salé , ou de Tripoli pour ramasser des esclaves sur toutes les côtes d'Europe...). Bien sûr on réécrit l'Histoire de ce côté là, et par ici, on ne l'enseigne plus car trop dangereuse. Évidemment: Il ne s'agissait pas de courtoisie mais de coups de canon ou de baïonnette.
2.- le fouteballe m'a toujours fait horreur et encore plus ce qu'il tourne autour! Donc je ne me réfère jamais à ce genre de cirque!
3.- Dans votre énumération, Vous omettez les Bretons depuis 1532 et quelques autres, pas forcément d'après 1793. Sans compter les gallo-romains et leur héritage.
4.- Pour moi, tout ne se vaut pas... Par expériences diverses en plus.
5.- Les gens qui ont de gros ennuis ("soucis") à l'exterieur sont toujours heureux de voir arriver le drapeau national! A ce moment là, il commencent à comprendre ce qu'est que la souveraineté.
6.- l'exhibition de ces drapeaux étrangers n'est pas un acte "amical" loin de là, comme on essaye de le faire croire. Il ne s'agit plus de folklore , mais de bien autre chose. En espérant tout simplement qu'on n'y vienne pas. Il y a un choc de civilisations (cf S. Hutington malgré les dénégations de certains. Ce n'est pas le point de vue de ceux qui sont sur le terrain réel. En parler, c'est déplaire à certains cercles, et c'est prendre des risques)
7.- Hier 8 Mai, c'était la commémoration de lacapitulation allemande, certains ont appelé à un autre genre de manifestation un peu partout à coup de rameutage par différents moyens (internet, SMS, mosquées, tracts, affichage, etc...) Ce n'était pas pour la capitulation, mais pour commémorer Sétif et quelques autres évènements analogues. Cela procède de mesures dites de subvertion ou de déstabilisation. Des fanatiques, ou encore des dogmatiques, comme c'est le cas, ne cesseront jamais, jusqu'au moment où tout bascule. Des exemples dans ce domaine, il y en a plein.
1 – Ah ! Ce n'est pas nous qui avons commencé! Voilà un argument qui me ramène dans la cour de l'école, il y a quelque 60 ans !
2 – Que l'on aime ou pas le foot-ball, on ne peut nier son existence et les phénomènes de société qui s'y attachent. Se voiler la face ne modifie en rien le problème ,
3 – Je n'avais pas non plus évoqué l'invasion de l'Europe par les premiers hominiens venus d'Afrique, à moins que ce ne soit d'Asie. Les connaissances sur le sujet évoluent elles aussi ; et ceci nous ramène au point n°1 : qui c'est qu'a commencé ?
4 – Comme tout le monde, j'ai mes préférences. Par exemple, la musique orientale m'écorche les oreilles car elle ne respecte pas le découpage de l'octave (donnée physiologique et physique fondamentale) en 12 demi-tons (gamme tempérée imposée par J.S. BACH mais qui n'est pas autant parfaite). Cette musique ne me convient pas ; pour autant ne vaut-elle pas celle à quoi je suis habitué ? A-t-elle moins de valeur ? Les milliards de gens qui l'aiment me seraient-ils inférieurs ?
5 – Quand je suis à Londres, il suffit que j'aie l'air un peu perdu pour que quelqu'un se propose pour m'aider, parfois même me ramener sur le bon chemin en y sacrifiant un peu de temps, N'en serait-il pas de même si j'avais un gros ennui ?
6 – Pourquoi le mot « choc » s'impose-t-il quand on parle de rencontre de civilisations ? Faut-il absolument percevoir l'autre comme hostile?
7 – Par un malheureux hasard (du moins je le suppose), les "événements" de Sétif ont eu lieu un 8 mai. Une centaine d'Européens tués; 1 000 autochtones selon les services français, 17 000 selon les services américains, le tout en un jour ; et c'est un policier qui a tiré le premier!
Que chacun pense à ses morts -en n'oubliant surtout pas tous les FSNA (comme on disait quand je faisais mon service) qui sont morts à Monte Cassino, dans les Vosges et ailleurs – je ne vois là rien de subversif.
Il me semble que le recours à la réflexion, à la concertation, à l'ouverture aux autres plutôt qu'au repli sur -oserais-je le dire- des "positions préparées à l'avance" pourrait éviter les conflits que vous redoutez. Quant aux fanatiques, ils ne reculent pas plus devant la force que devant toute tentative de conciliation. Il faut bien entendu les isoler dans l'immédiat et à long terme faire disparaître les raisons qui leur permettent de paraître convaincants. Tâche plus ardue et plus longue que la répression.
Cordialement
@Padrig
Il faudra vous y faire, la France n'appartient plus aux gens comme vous.
Il faudra vous adapter aux nouveaux venus, sinon partir ailleurs ou disparaitre.
Paris est maintenant une grande ville arabe, une grande ville africaine, une grande ville turque, une grande ville cosmopolite, une ville-lumière, une ville-monde. la France de 2012 est un pays multiculturel, un pays multiethnique, un pays métissé, un pays mélangé et ces drapeaux qui en sont la preuve frissonnant au vent de la nuit disent à la fois l’attachement de beaucoup, qu’ils vivent en France sans être français ou qu’ils soient nos compatriotes, à leurs origines en même temps que leur intérêt pour notre vie politique. Ils disent aussi, plus ponctuellement, l’étendue du fossé que cinq ans de mandat et davantage encore quelques semaines de campagne électorale avaient creusé entre le président sortant et cette fraction de notre population, fracture qui s’est traduite par le vote massif des banlieues en faveur du candidat socialiste. Ces drapeaux répondaient aussi à leur manière à la forêt de drapeaux tricolores poussée dans la foule lors du meeting de Nicolas Sarkozy sur la place du Trocadéro.
Alors il faut changer votre manière de voir ce pays qui ne vous appartient plus.
Pas très élégant de prendre nominativement à partie en postant sous couvert d'anonymat.
Ce pays appartient... à toutes celles et ceux qui l'aiment, à toutes celles et ceux qui en respectent ses lois, à toutes celles et ceux qui placent au dessus de leurs origines, de leurs croyances les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.
Le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut une calamité pour notre pays. C'est son comportement, ses discours, son insupportable façon de présider qui m'ont fait ouvrir ce blog pour marquer, à mon très modeste niveau, mon désaccord avec les traumatismes qu'il infligeait à notre pays.
Pour autant je n'approuve pas la présence de drapeaux étrangers pendant les meetings de campagne de François Hollande.
Tout simplement parce que je les assimile à une provocation visant à discréditer le nouveau Président de la République et exacerber les extrémismes.
J'objecterai aussi, en tant qu'ancien parisien, que Paris n'est pas la France et que de toutes les époques, notre capitale, comme toutes les grandes métropoles, a été un lieu de brassage ethnique, culturel et social.
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