Un blog saint-pierrois nous
pose depuis hier une question intéressante. La réponse qu’apporte l’auteur de
ce blog est discutable, comme tout point de vue, mais son expression presque
méprisante (comme souvent dans ce haut lieu de la pensée unique) aurait
tendance à occulter cette question et sa réponse.
Mais quelle est donc
cette interrogation ? Il n’aura échappé à personne que nous sommes encore
en période électorale. Les élections législatives se tiendront dans un mois et, dans la foulée, femmes et hommes politiques encouragés par des média à l’affut
de la moindre micro information, lanceront la campagne pour les élections
municipales de 2014.
La question, titre du
billet, s’avère être la suivante : « Faut-il être breton pour être
élu ? ». Je complète en essayant de ne pas trahir la pensée de l’auteur
: Faut-il être breton pour être élu en Bretagne et plus précisément élu maire
de Saint-Pierre Quiberon ?
A cette question, la
réponse de l’auteur est oui, il faut être breton pour se faire élire en
Bretagne en règle générale et dans notre commune en particulier. Raisons
évoquées, avec plein de guillemets qui sont censés nuancer le propos : « la
haine de l’étranger », les « mauvais souvenirs du goulag francilien »
avec leur corollaire : un vote FN massif à toutes les consultations
électorales. Je laisse bien entendu à l’auteur la responsabilité de ses écrits. (Lien)
Curieusement, je pense que
si sa conclusion est bonne, oui il faut être ou plutôt, il vaut mieux être, breton
pour être élu maire d’une petite ville de Bretagne, les raisonnements qu’il
emprunte pour y arriver sont aussi ineptes qu’insultants.
Dans une commune qui
compte tout juste 2 000 électeurs, qu’elle se nomme Adam lès Passavant dans le Doubs, Garancières en Drouais dans l’Eure
et Loir, Pancy Courtecon dans l’Aisne ou Saint-Pierre Quiberon dans le
Morbihan, à l’inverse de ce qui s’observe dans les grandes métropoles, l’appui
d’un parti politique n’est pas nécessairement un atout. En revanche, être un
enfant du cru peut avoir son importance pour se faire élire face à des compétiteurs
issus d’autres régions de notre pays. A mérites identiques, une fraction de l’électorat
se déportera toujours sur lui assurant ainsi son succès (sauf à vouloir sanctionner une gestion calamiteuse
ou une personnalité controversée). On peut s’en attrister ou s’en réjouir mais
c’est ainsi et le FN n’a rien à voir là dedans et encore moins une pseudo spécificité bretonne ! Tout comme à Calumet Park, Ilinois, sont élus des enfants du pays !!!
Une anecdote d’ailleurs pour
terminer sur ce sujet. En 2008, j’ai assisté à toutes les réunions organisées
par les trois listes qui briguaient nos suffrages. Pendant un de ces
rendez-vous, un des colistiers a présenté un projet que j’ai jugé pas très
abouti. Investissements importants et pas vraiment chiffrés, planning « glissant »,
compte d’exploitation prévisionnel aux abonnés absents… Bref, un truc sans
queue ni tête. J’ai « titillé » l’apprenti impétrant à l’aide de questions bien choisies
jusqu’à ce qu’un papy lance la phrase qui a terminé l’échange : « T’inquiète
pas XXX, je vais voter pour toi. J’ai connu ton père, je sais que ton truc ça
marchera ».
Cet exemple saint-pierrois ne légitime pas pour autant la thèse du seul breton votant breton. Pour ceux qui douteraient
encore, qu’ils se plongent dans les archives Youtube à la recherche de
dialogues, tiens au hasard, entre notre Ministre du Redressement Productif et
ses anciens administrés. Ils découvriront comment cet homme politique utilise
en privé ce formidable accent de la Bresse pour marquer son enracinement.
Croyez-vous qu’il travestisse ainsi sa voix juste pour nous faire rire ?

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