La sanction est tombée hier. Hier, Moody’s a dégradé d’un cran la note de la Société Générale ( qui a perdu plus de 60 % de sa valeur en bourse depuis le début de cette nouvelle crise, enfin de cette crise dans la crise ) et du Crédit Agricole ( moins 55 % ). BNP Paribas passe au travers des mailles du filet pour cette fois mais reste, comme ses deux autres camarades de jeu « sous observation négative ». Une remarque au passage : le « thermomètre » Moody’s ne se focalise que sur les banques françaises qui ne sont pas les seules, et de loin, à détenir de la dette souveraine grecque. Bizarre... Bizarre…
- Pardon ? …
- Oui, vous regardez votre écran et vous écrivez bizarre, bizarre. Alors je croyais que ...
- Moi, j'ai écrit bizarre, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais j’écrit bizarre, bizarre ?
- Je vous assure mon cher rédacteur, que vous avez écrit bizarre, bizarre.
- Moi, j'ai écrit bizarre, comme c'est bizarre !
( Un grand merci à Archibald Soper, évêque de Bedford… Pour le prêt de ces répliques mythiques ). Mais restons sérieux !
Selon Christine Lagarde, patronne du FMI, il est fondamental que les banques françaises se recapitalisent. Une autre remarque « en passant » sous forme de question cette fois : Mais pourquoi cette recapitalisation n’a-t-elle pas été imposée par Bercy avec l’aval de l’Elysée en 2010 quand elle était en charge des finances du pays et qu’accessoirement ces établissements disposaient des fonds et des possibilités d’appel au marché pour le faire ?
Car aujourd’hui, ce n’est plus la même musique. Interrogé par lefigaro.fr, Philippe Dessertine, Directeur de l’Institut des Hautes Finances répond sur cette nécessité de recapitalisation : « Elle est indispensable mais désormais impossible par les marchés financiers. En attaquant sévèrement les banques depuis plusieurs mois, les marchés financiers ont clairement fait comprendre qu'ils ne veulent plus des valeurs bancaires. BNP Paribas par exemple aurait aujourd'hui besoin d'émettre 3 actions pour créer 1 euro de fonds propres. Avant la crise de cet été, le ratio était plutôt de 1 pour 1. Du coup, les actionnaires ont peur d'être trop dilués et préfèrent partir. Les banques ne pourront donc plus faire appel aux marchés pour se restructurer. Le seul qui peut aider les banques à se recapitaliser, c'est l'État. » Par anticipation, Eric Besson, Ministre de l’Industrie avait répondu lundi « Une nationalisation des banques est prématurée et à côté du sujet »… Ce qui, traduit dans un langage « normatif », veut dire, de mon point de vue « On y travaille mais on ne sait pas encore où trouver les ronds ». En effet, nous parlons ici d’une somme comprise entre 25 et 30 milliards d’euros ( la France peut emprunter cette somme sur les marchés financiers voire recourir au fonds de stabilité européen ( FESF ) afin de diluer le coût ). Une paille… Mais au-delà des chiffres…
Bien entendu, c’est par, au final, l’impôt que cette somme considérable sera financée donc il va falloir se serrer la ceinture encore un peu plus. Mais il s’agit là d’une belle opportunité pour les français ( contribuables ou pas ). Si l’Etat
- Devient majoritaire en achetant des actions SG, BNP Parisbas, CA et autres alors que ces actions sont au plus bas.
- Siège avec efficacité, clairvoyance et rigueur dans les conseils d’administration de ces banques.
- Démembre ces établissements et privatise, au moment opportun les activités de marchés de nos banques sortant ainsi l'activité la plus risquée de leurs bilans consolidés.
- Revend ses participations quand les marchés auront retrouvé des plus hauts.
Alors… les sommes investies deviendront des investissements rentables permettant de désendetter notre pays.
Je sais… Cela fait beaucoup de « Si »… Mais courir un tel risque reste préférable, et de loin, au passage sous pavillon étranger ( chinois, arabo-persique, russe ) de notre système bancaire.
PS à l'attention des agences de notation : UBS ( Union des Banques Suisses ) vient d'annoncer ce matin une perte de 2 milliards d'euros due à un petit Kerviel en herbe ! La banque prévoit d'ailleurs d'afficher une solide perte pour l'exercice 2011. Alors ? On dégrade ? On ne dégrade pas ?
PPS toujours à l'attention des mêmes : France Info m'a rafraîchi la mémoire ce matin. UBS l'incorrigible ( ! ) c'est aussi une banque qui a été :
- renflouée par le gouvernement suisse en 2008 pour éviter la faillite car gavée de produits infectés aux subprimes
- punie de plusieurs centaines de millions de US$ par le gouvernement fédéral US pour fraude en 2010.
Alors... On dégrade ? On ne dégrade pas ?

8 commentaires:
Question (primaire? pas tant que cela!) :" Où est passé l'argent des dépôts?"...
Qu'ont-il donc fait avec nos sous?
Et de tous nos impôts?
Parti sous forme de "valises" peut-être?
Je suis assez d'accord avec ce qui est écrit dans cet article. S'il faut recapitaliser les banques françaises, il faut que ce soit l'Etat français qui le fasse (c'est à dire, nous, les contribuables) sinon ce seront des étrangers qui le feront, avec toutes les conséquences qui en découlent. Et il faut que l'Etat français en profite pour imposer des règles de sécurité à ces banques. En dépit de toutes les déclarations d'intention auxquelles nous avions eu droit en 2008, lors de la précédente crise bancaire, rien n'avait été fait en France qui allait alors dans ce sens.
Le seul reproche que je ferai à ce texte, c'est de dissocier ce problème de celui de la crise financière des états européens. La Grèce ne peut pas s'en sortir avec les taux d'intérêts que les banques lui accordent (ou plus exactement lui imposent !). Seule une solidarité des autres états peut lui permettre de s'en sortir. Là encore, il faut se demander s'il n'est pas préférable que ce soient les pays de l'Europe qui l'aident plutôt que des pays du reste du monde, qui n'attendent que cette occasion pour mettre les pieds dans nos économies occidentales. L'idée d'une banque publique européenne émettant des euro-obligations et intervenant sur le marché des dettes souveraines, pour contrecarrer l'action des spéculateurs, me paraît intéressante.
Mais, évidemment, tout cela ne dispensera pas les états européens de faire un gros travail de remise en ordre de leurs économies. Et là encore, de même que la gestion des banques me semble devoir être contrôlée par les états, il me semble normal que la gestion des états européens soit contrôlée par les institutions européennes. C'est là le prix de la solidarité.
En ce qui concerne le commentaire déposé ci-dessus, par un précédent contributeur, je dirai que l'argent déposé dans les banques n'a rien à voir avec nos impôts, ni avec des fonds secrets venus d'Afrique. Vouloir ainsi tout mélanger c'est une façon bien connue de vouloir mettre dans le même "sac", toutes les élites dirigeantes de nos pays. C'est une attitude qui satisfait ceux qui réfléchissent avec leurs tripes mais pas ceux qui réfléchissent avec leur tête. Et pour s'en sortir, il faut réfléchir avec sa tête.
Il sembler que les banques soient reparties à la hausse. Quoi d'étonnant? Les spéculateurs (pardon , les marchés) vont se remplumer avant de revendre dès que ça aura un peu remonté. Que font les Etats? Ils regardent?
Les banques se lancent dans des opérations de spéculation à très haut risque: quand elles se retrouvent en position difficile c'est le contribuable qui lui-même peut-être en difficulté est amené à combler les déficits par l'impôt.
Voilà comment quelqu'un qui réfléchit avec ses tripes au lieu de le faire avec la tête voit les choses.
Cela s'est produit souvent dans le passé... Et il n'y a pas de raison pour que cela recommence.
Quant à la Gréce : c'est de l'argent gaspillé... Ils n'ont aucune parole.
Ce qui se passe est une partie de domino: le nôtre n'est plus très loin.
Et j'ajoute que oui, je les mets tous dans le même sac : degré de confiance voisin de "0"...
J'avais, il y a quelque temps déjà, parlé de la Grèce. Les solutions que leur offre l'UE ne sont que de deux ordres : le pistolet chargé sur la tempe ou le tuyau de gaz ouvert dans la bouche...
Il est légitime que les gens soient dans la rue.
Deux choses
- les aider oui mais...
- les contraindre AUSSI à se réformer en un vrai état structuré ce qui commence par une classe politique qui ne soit pas constituée par les Karamanlis ou / et les Papandréou qui ont géré et gèrent le pays à leur profit exclusif comme un boutiquier un restaurant de kebabs.
Je préfère Le Pirée sous contrôle de l'UE que sous le contrôle de la Chine ou de la Russie... et donc... j'accepterai de payer plus d'impôts pour cela si j'avais l'assurance qu'ils se réforment. Ceci étant, nous avons aussi du boulot dans l'Hexagone.
Je partage l'avis que les politiques doivent doter l'UE d'instruments financiers rapides, solides, efficaces au service d'une vision européenne revisitée (là aussi il y a du travail)
Sans vouloir jouer les béni oui oui... Il faut dans cette période difficile "du jus de crâne" et (excusez l'expression) "des couilles" (ou des tripes...)...
1.- Nous avons aux alentours de 2000 milliards d'euros de dettes..
Mais quid de l'endettement des collectivités territoriales (Dexia et consorts...) Mais quelle est donc cette mécanique sous-jacente?
Pour m'en faire une idée je me suis lancé il y a quelque temps dans la lecture de "L'Etat est mort, vive l'état" de Gave: ce que j'y ai trouvé est encore plus noir que ce que je pressentait.
Pour moi aussi, même si (comme le dit l'autre interlocuteur dont j'ai reconnu le style), je reflechis avec mes tripes, il faut en revenir aux principes des philosophes des Lumières...
nous ne sommes représentés que par des carrieristes sans scrupules dont le seul but est de se servir au lieu de servir...
2.- On prête à fonds perdus à un pays insolvable qui va sans doute basculer dans la guerre civile comme cela s'est déjà produit : question? BHL va-t-il y aller pour justifier après d'une intervention militaire comme prévu par le TCE ? Se souvient-on encore des guerres civiles grecques??? Ce n'est pas la foire Lybienne...
Je suis convaincu qu'une des "tares" de notre système réside dans le fait qu'une écrasante majorité de notre classe politique... N'a d'expérience que politique.
Tant qu'être politique consistera à s'assurer des revenus, rien ne bougera.
Il faut multiplier les passerelles entre la "société civile" et la classe politique pour faciliter le passage de l'une à l'autre et dans les deus sens et mettre fin au cumul des mandats. Comment ? Là je cale... mais j'imagine que d'autres doivent avoir des idées là dessus.
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