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" SI JE SUIS UN SOT, ON ME TOLERE ; SI J'AI RAISON, ON M'INJURIE. " Goethe.

mercredi 21 mars 2012

Mettre à bas la ploutocratie.

A tout bien réfléchir, ce ne sont pas nos dettes et la faiblesse de la croissance de notre économie les premiers problèmes que devra résoudre le futur Président de la République. Sa première tâche, probablement bien plus ardue que le remboursement de nos emprunts et la restauration de notre dynamisme commercial sera de mettre à bas la ploutocratie qui nous étouffe lentement mais surement depuis des décennies.
Ploutocratie : La ploutocratie (du grec ploutos : richesse ; kratos : pouvoir) consiste en un système de gouvernement où l'argent constitue la base principale du pouvoir. D'un point de vue social, cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité sociale( Wikipédia ).
Une caste dirige depuis des années la France et traverse l’époque sans autre soucis que de s’enrichir encore et encore. D’où vient la source de ce mal ? A partir de quand se servir est devenu plus important que servir ? A partir de quand le moyen, l’argent, est-il devenu une fin ? Les auteurs de « L’oligarchie des incapables », Sophie Coignard et Romain Gubert situent le point de départ de ce cancer sous l’ère de François Mitterrand. Non pas par idéologie mais par l’observation d’un simple fait : les nationalisations.
Les propriétaires des entreprises nationalisées se sont trouvés, de facto, à la tête de pactoles tels qu’ils n’en n’avaient jamais eu. De propriétaires et gestionnaires d’entreprises, ils sont devenus propriétaires « d’argent » qu’ils se sont mis à faire fructifier. L’étalon de la réussite devint peu à peu, non pas le nombre de brevets déposés, la taille des usines, l’importance de l’effectif employé mais la rapidité de la croissance de leur pécule de départ !
Quelle que soit l’origine de ce mal et finalement peu importe, la chasse à l’argent était ouverte… Et quitte à s’enrichir, autant le faire « entre amis ». Un exemple : sur les 210 inspecteurs des finances que compte actuellement la France, 120 exercent aujourd’hui dans le secteur privé ( après avoir nourri leur carnet d’adresse dans le public )... sachant que ce corps d’élite est formé et, en théorie,  dédié au contrôle et à la gestion des finances de l’Etat !
En 1998, la rémunération moyenne des dirigeants du CAC représentait 40 fois le smic. Aujourd'hui, celle-ci équivaut à 120 smic, 10 dirigeants dépassant même le « plafond minimal socialement acceptable » décrété par Proxinvest à... 240 fois le smic ( Proxinvest est un cabinet de conseil et d'analyse financière française fondé en 1995. Il est spécialisé dans l'assistance à l'exercice du vote des actionnaires et opère exclusivement pour les investisseurs. Il publie régulièrement des informations chiffrées sur la rémunération des dirigeants d'entreprise ). Selon le même institut, les rémunérations des patrons du CAC 40 ont progressé de… 34 % en 2010.
Quel salarié, quel petit patron, quel retraité, quel demandeur d’emploi ne peut pas se sentir méprisé et insulté devant une telle indécence ? D’autant que cette caste qui nourrit par ses excès le vote aux extrêmes n’est pas aussi talentueuse qu’elle voudrait nous le faire croire. Les preuves ne manquent pas. Qui a entendu parler d’un dirigeant français débauché par une grande entreprise internationale ? Quand Jean-Marie Messier ( Vivendi ) ou Daniel Bouton ( Société Générale ) ont été « remerciés » Goldman Sachs les a-t-elle embauché ? Quand Christophe de Margerie ( Total ) rongeait son frein comme N°2, BP ou Shell sont elles venues le chercher ? Quand le mandat d’Anne Lauvergeon à la tête d’Areva n’a pas été renouvelé par la simple volonté du « prince », un des opérateurs sur le marché du nucléaire a-t-il sauté sur l’occasion pour l’embaucher ? Non. Il n’y a aucun français à la tête d’une des 500 premières entreprises US. D’ailleurs, un patron n’est pas une « pépite ». Ses résultats dépendent largement de ses proches collaborateurs… et ceci quelle que soit la taille de l’entreprise qu’il dirige.
Cette caste n’est pas constituée par des entrepreneurs. Ils n’ont pas l’esprit d’entreprise. Ils sont gavés de « welcome bonus », de salaire et sur salaire, de stock-options et protégés par des parachutes dorés et des retraites chapeau… Quoi qu’ils fassent… Quels que soient leurs résultats. Les exemples ne manquent pas. Daniel Bernard ancien PDG de Carrefour dont la gestion a fait plonger le cours de l’action de son entreprise de 100 € à 39 € est parti avec un chèque de 9,9 millions d’euros au titre de sa clause de non concurrence ( quel distributeur lui aurait confié une responsabilité ? ) et une retraite chapeau de 29 millions d’€uros. Noël Forgeard ( EADS ) viré pour incompétence avec un chèque de 8 millions d’€uros. Louis Schweitzer s’est abaissé  pour ce qui le concerne jusqu’à faire des pieds et des mains pour demander une augmentation de salaire à Henri Proglio quand il a été nommé ( LS ) vice-président du conseil d’administration de Véolia alors qu’il bénéficiait de 80 000 €uros de revenus annuel de la HALDE, de sa retraite de PDG de Renault, d’un million de livres sterling par an comme Président non exécutif d’AstraZeneca et de jetons de présence chez Volvo, BNP Paribas, EDF, l’Oréal… Et que fit le conseil de surveillance composé des patrons de Groupama, Sanofi-Aventis, Saint-Gobain, de la Caisse des Dépôts, de la banque Rothschild, de BNP Paribas… Il accepta… comme un seul homme…
La liste est longue, trop longue… Et les quelques exceptions trop rares pour enrailler le système.
Quand les destins de ces personnages croisent ceux d’hommes et de femmes politiques, alors le piège se referme complètement sur notre démocratie.
C’est un ancien publicitaire ( Christophe Lambert ) qui fut proche de Nicolas Sarkozy qui obtient, moyennant le poste de PDG de la société Eurocorp, que la Caisse des Dépôts investisse dans le fumeux projet de Luc Besson de la Cité du Cinéma. C’est la même Caisse des Dépôts, dont la mission consiste à faire fructifier au mieux notre épargne, qui investit contrainte et forcée dans la société de production « Naïve » dont un des mérites consiste à produire les disques de Carla Bruni
Pour finir cet inépuisable sujet, deux citations de dangereux révolutionnaires.
«  Pour qualifier cette caste, je ne parlerai pas d’élite. Un professeur de médecine, un agrégé de philosophie ou de littérature font partie de l’élite. Ce sont des fonctions nobles. Ce sont plutôt des puissants, les abus de pouvoir. » Edouard Balladur.
« Ca va mal finir. Je ne comprends pas comment les français peuvent accepter tout cela sans broncher ». Jean Peyrelevade.
Mettre à bas la ploutocratie, restaurer la démocratie.Voila l’urgence monsieur le futur Président de la République.

4 commentaires:

Padrig a dit…

La France est-elle réellement "en" démocratie, son système de gouvernement est-il encore "la" république?

Je maintiens: il faut relire encore "la République" de Platon et particulièrement ce qu'il dit de l'Etat ; De ce qu'il dit encore sur les valeurs morales de celui qui est chargé par les citoyens de conduire les affaires de la Cité.

Je maintiens encore que ces valeurs se retrouvent dans l'esprit des rédacteurs de la Constitution de la Vème République et particulièrement de son initiateur.

Les troubles de plus en plus fréquents que nous rencontrons sont dus à la négation de ces principes fondamentaux.

Comme "Rome n'est plus dans Rome", parce que nous avons eu le tort de confier le destin du « Cher et Vieux Pays » à des personnages dont les fins sont obscures, nous subissons chaque jour qui passe les affres de la décadence dont la sauvagerie de Montauban puis de Toulouse en sont les derniers avatars.

Si le Pays ne sombre pas dans un « indicible chaos » , c’est parce qu’il existe encore dans nos campagnes, et dans nos villes des éléments sains qui sont attachés à la civilisation française et à ses principes qui existent depuis 2500 ans…

Les ferments de la dislocation de la France sont présents, sous la forme de la ploutocratie qui s’appuie sur le poids grandissant des métèques. C’est ainsi que la République Athénienne est tombée, c’est ainsi que Rome a sombré sous les coups des envahisseurs parce que la Cité n’avait plus ni le courage (« Dis-moi Lakès : « Qu’est ce que le courage ?) , ni les moyens de se défendre, entrant ainsi dans les temps sombres. Mais pour autant ? Tout est-il perdu ?

Ici Radio Kerhostin a dit…

Je reçois le mot "métèque" dans sa signification "Athénienne" compte tenu du contexte dans lequel il est exprimé et non pas sa connotation raciste actuelle.(Dans la Grèce antique, le terme de métèque désigne l'étranger domicilié dans une cité autre que celle dont il est originaire). Il n'y a donc là aucune connotation péjorative, au contraire de son usage contemporain en français, ceci étant écrit pour d'éventuels commentaires relevant l'emploi de ce mot.

"Pour autant..." Non, rien n'est perdu et surtout pas l'espoir !

Padrig a dit…

Oui, vous faites bien de le préciser car avec la perversion de la sémantique telle qu'elle est pratiquée maintenant, on peut s'attendre à des remarques "tordues" de la part de gens très mal intentionnées! (*)

C'est sans doute à cause de la disparition des "Humanités" que cette perversion de la langue que des jours bien sombre s'annoncent. sans doute encore un des méfaits des ploutocrates?

* : ce que j'ai ressenti au travers de "posts" impubliables sur mon propre blog que je suspends pour un moment.

Ici Radio Kerhostin a dit…

Je déplore cette mise en sommeil de @quiberon que j'espère aussi courte que possible.