Mais de quoi parle-t-il vous demandez-vous en ce matin froid ? Qu’a-t-il trouvé enfin ? Le Saint Graal ? La clef du champ de tir ? Voire le fameux maillet du piquet d’incendie ? Non. Trois fois non. J’ai enfin trouvé, sur le site de la mairie de Saint-Pierre Quiberon, le discours de vœux prononcé par notre maire le 20 janvier de cette année. I C I . Qu’en dire ( après l’avoir lu plusieurs fois ) ? C’est une bonne vieille recette de vœux comme il doit s’en prononcer probablement dans quelques milliers de communes françaises chaque année : un zeste de considération sur la situation internationale, deux pincées d’écologie, trois sanglots sur la crise, agiter le tout puis rajouter quelques grosses louches d’autosatisfaction et servir à volonté. Mais comme me disait ma grand-mère quand j’argumentais une mauvaise note en prétextant que tous les élèves avaient peu ou prou la même que la mienne : « les autres, on s’en fiche ! ». Alors, regardons d’un peu plus près la recette développée dans les seize pages de ce document, écrit, une fois de plus, dans un style d’où toute forme d’amphigourisme ( décidemment j’adore ce mot ! ) a été exclue.
Un zeste de considération sur la situation internationale. Les révolutions arabes dont nous souhaitons tous qu’elles procurent un avenir meilleur aux populations concernées, la crise de l’€uro qui, soit dit en passant, n’est que la matérialisation d’une construction européenne hélas ratée ( ne pas confondre la cause et la conséquence… ) Un zeste de considération sur la situation internationale…
Deux pincées d’écologie. Sur le fond et la forme c’est toujours porteur. Qui peut-être contre le fait de protéger notre océan, nos côtes, nos dunes et nos landes ? Mis à part un rescapé de l’ère pompidolienne du tout béton, crypto adepte d’une deux fois deux voies Auray / Quiberon dont l’utilié n’apparaitrait de six semaines par an à raison de deux heures par jour ? Voire un nucléarocrâte voulant couper la presqu’ile en deux en installant une centrale nucléaire dans un lieu classé monument historique depuis le 23 juin 1933 ? Deux pincées d’écologie…
Trois sanglots sur la crise. Pas de travail pour les jeunes ( j’y reviendrai ), difficulté d’embauche pour les seniors ( j’y reviendrai aussi ), « gâteau » qui diminue d’où la nécessité de redéfinir une fois de plus la façon de le partager ( j'y reviendrai également ), la gabegie supposée de certains élus ( supposées pour certains surement, mais réelle pour d’autres si l’on en croit les rapports de la Cour des Comptes et des Cours Régionales des Comptes ) débouchent sur un constat : oui, les français ont raison de broyer du noir, pratiquement autant, si j'en crois notre édile, que les irakiens et les afghans ! Trois sanglots sur la crise…
Quelques grosses louches d’autosatisfaction. La liste est longue des choses bien faites ou qui ne pourrait se faire autrement. Succès de la médiathèque, vitalité de la vie associative, promesse d’avenir radieux avec la communauté de communes du Pays d’Auray née aux forceps ( Je prend date ce jour et j’attends le rapport de la Cour des Comptes qui nous expliquera, dans quelques années, que cette « communauté » à 24 comme bon nombre d’autres communautés de ce type n’a contribué qu’à accroître les coûts de fonctionnement des services publics ), PLU et OT ( dont la conception pour le premier et la création pour le second ne sont que les preuves vivantes de notre incapacité à nous entendre avec notre voisine Quiberon ! ). Sans parler de l’espoir de la pose de la première pierre d’une nouvelle mairie. Je radote et je rappelle donc, une fois encore, que l’équipe municipale n’a pas reçu mandat de la population pour un tel projet. Pour une raison simple : c’est qu’elle n'avait sollicité mandat que pour des travaux de rénovation. Comme disait Napoléon Bonaparte « Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner. » A méditer pour 2014 alors que notre maire nous rappelle, à l'occasion des élections présidentielles et législatives : «... Nous connaissons la formule inscrite sur notre carte électorale, alors profitons des quatre week end consacrés à l’expression de la démocratie...». Charité bien ordonnée... Se rajoutent à cela quelques initiatives sympathiques mais anecdotiques tel que le projet de séminaires d’entreprises sur lequel réfléchit le « Conseil des Sages »… Avec 20 ans de retard car l'époque où les entreprises investissaient dans des séminaires est bien loin. La tendance du moment reste et restera durablement le coup de rabot dans le compte d'exploitation, pas l'augmentation des coûts. Enfin… Souhaitons franchement bonne chance à cette initiative hélas bien trop tardive et à rebours de la conjoncture. Quelques grosses louches d’autosatisfaction…
Quant à ce qui constitue l’alpha et l’oméga d’un développement économique à savoir l'emploi ? Rien. Pas d’initiative pour attirer de nouveaux artisans, de nouvelles PME, de nouvelles professions libérales. Rien. L'incitation pour l'emploi privé : connait pas. Gestion des affaires courantes et constructions diverses sont financées par l’emprunt et par la subvention donc par l'impôt, comme depuis la nuit des temps. Le gâteau diminue ici aussi… Mieux vaudrait donc prévoir, si j'en crois ce discours, de faire des parts plus petites ( encore et toujours... ) plutôt que d’essayer de produire plus d’œufs ou de farine pour cuisiner un plus gros gâteau histoire de rester dans la métaphore culinaire. Il n'y a qu'à regarder l'impact en terme de création d'emplois de la loi dite des 35 heures qui relève de la même philosophie ( redistribution du travail en période de crise ) pour se convaincre de l'inefficacité de telles mesures. La redistribution certes... Mais à condition d'avoir produit avant de la richesse à distribuer.
Rendez-vous en 2013 pour un nouveau discours.

4 commentaires:
Quand vous voyez le parcours professionnel de tous vos élus ,comment voulez vous qu'ils aient même un soupçon d'idée que les PME,artisans ou prof libérales puissent apporter quoi que ce soit a la commune ? Cela va plus loin que la seule appartenance politique. L'idéologie d'anciens(ou actuels)profs ou fonctionnaire de l'ENV ne vas pas vraiment dans ce sens .Le commerce se meurt a St Pierre et ce n'est pas une rue flambant neuve qui va changer les choses.quelques beaux panneaux attrayants bien placés et un changement de sens de circulation afin de passer devant le magnifique port d'orange qui est un joyaux (plutôt que de le contourner comme actuellement) aurait peut-être amélioré les choses a moindre coût .L'argent économisé aurait peut-être permis d'acquérir des terrains a viabiliser (ou commerces a louer clef en main pour jeunes couples qui veulent s'installer ,comme chez Dan) afin d'attirer de nouveaux artisans .Vous remarquerez que je critique ,mais que je donne aussi des solutions.A votre disposition Madame Le Maire .
Je reste convaincu que des solutions existent... Il faut juste changer les modes de réflexion... Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas le plus facile à réaliser.
Quiberon (au sens entité géographique et historique) a été toujours tourné vers la mer (le "maritime") et par conséquent vers ses activités (travail producteur de richesses):
- petit commerce maritime
- pêche
- activités associées (construction de bateaux, entretien, petit armement, magasinage, petit négoce)
Or,
dans les années 1960-1970, on a fait fausse route en privilégiant la plaisance en tant de parking à bateaux, fermeture des zones potentiellement aménageables comme prévues initialement dans un schéma de développement du "maritime"
Favorisant ainsi la consommation de richesses, en empêchant le développement producteur de richesses maritimes.
La conséquence en est un blocage total avec un verrouillage de ce qui est "le maritime". A Quiberon (encore une fois l'entité géographique et historique) , on a sacrifié Port Haliguen, mais , on a réussi à conserver Port Maria avec sa pêche car la municipalité a pu conserver partiellement sa main-mise sur les lieux et donc facilité les activités de pêche (jusqu'à quand?).
Cependant des forces départementales sont à l’œuvre pour empêcher le développement de façon à la réorienter vers Lorient au détriment de l'économie globale de Quiberon.
Je persiste et je maintiens: la délégation de l'exploitation des aménagements de Port Haliguen à la SAGEMOR dans l'état actuel de son fonctionnement est une profonde erreur.
Voilà ce qu'il arrive quand on confie son destin à des gens dont les intérêts genéraux ou personnels ne sont pas les nôtres.
Nos élus actuels n'ont pas l'envergure que pouvaient avoir Un Alphonse Rio, ou même un Victor Golvan.
Personnellement, je suis convaincu qu'il faut les empêcher de faire des conneries supplémentaires pour éviter de plomber irrémédiablement Quiberon.
Il convient aussi d'être vigilants pour éviter de mettre à la tête des deux cités de Quiberon, des aventuriers qui détruiraient ce qu'il reste de l'Héritage...
L'économie de la presqu'ile n'est qu'un petit reflet malheureux d'un choix de croissance plus général par la consommation au détriment de la production...
Tant au niveau macro économique que micro, ce ne sera pas facile d'inverser la tendance.
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