La citation du jour ou de la semaine...ou du mois !

" SI JE SUIS UN SOT, ON ME TOLERE ; SI J'AI RAISON, ON M'INJURIE. " Goethe.

mercredi 31 août 2011

Le premier film de Laurence Parisot en exclusivité.

Voici une exclusivité comme nous aimons bien en présenter à nos lecteurs. Il s’agit cette fois-ci de la bande annonce du premier film de Laurence Parisot, Présidente du Medef. Attention, c’est du lourd… Du made in USA… C’est parti… Éloignez les enfants de votre ordinateur.
" Maison Blanche Washington. Le Président des États Unis, assis dans un des fauteuils du célèbre bureau ovale, fait face à quelques membres de son gouvernement. Les lourdes tentures obstruent toutes les fenêtres. La pièce n’est éclairée que par quelques lampes qui diffusent une lumière rasante. L’atmosphère est tendue. Standard & Poors vient de dégrader la note financière du pays de AAA à AA+. Le Président tripote nerveusement une boule à neige représentant la Tour Eiffel, cadeau que lui a offert Nicolas Sarkozy à leur première rencontre. Une porte s’ouvre et l’aide de camp de Barak Obama annonce deux nouveaux visiteurs. Le directeur de la CIA, Michael Hayden accompagné du patron de la Special Activities Division, département chargé de la conduite des opérations clandestines pénètrent dans la pièce. La tension monte d’un cran. Hilary Clinton tire nerveusement sur le bas de sa jupe en se redressant sur son siège.
Le big boss de la CIA pose une pile de journaux sur la table et annonce au Président que l’opération « Shit Under The Carpet » vient de commencer… Objectif : raconter des bobards sur l’Union Européenne dans la presse américaine pour que les chinois, qui détiennent un paquet de dettes US, regardent ailleurs que vers les USA. "
Plus sérieusement… La Présidente du Medef s’est répandue il y a quelques jours dans les colonnes du Figaro pour expliquer aux bas du front que nous sommes que les problèmes de la zone euro ne seraient dus qu’à une presse US à la botte du gouvernement américain. Extraits :
«… Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent. » «… Je parlerais plutôt d'une « orchestration » outre-Atlantique des difficultés de l'Europe. » « … Les Américains ont sans doute voulu repasser le mistigri à l'Europe… » … Ah la bonne vieille théorie du complot, du bouc émissaire… Voici bien longtemps qu’un membre de nos élites ne nous l’avait pas réchauffé pour justifier la cause de nos malheurs.
Le déni des responsabilités européennes dans la crise que traverse l’UE prêterait à sourire si la situation n’était pas si sérieuse et si la porte parole de ce déni n’était pas la représentante du patronat français.
Les USA disposent comme la France, comme l’UE d’une presse économique sérieuse. Nombre d’analystes compétents de chaque côté de l’atlantique s’inquiètent de l’avenir de l’Eurozone et les arguties de Laurence Parisot ne changeront rien à l’affaire. L’Allemagne et la France ne tirent toujours pas dans le même sens. S’entendre à 17 reste un problème… Et plus généralement « Le problème commun du monde développé est un endettement qui a servi à financer des investissements sans valeur. » Ce n’est pas moi qui le dit mais Christine Lagarde drapée dans son nouvel habit de boss du FMI ce week-end. Compte tenu de son passé de Ministre des Finances français, il n’est pas stupide de penser qu’elle demeure encore une orfèvre en la matière...

samedi 27 août 2011

Relançons...Relançons vite !

La dette obsède tout le monde : les politiques de tous bords, les commentateurs de tous bords aussi, les multiples salles où travaillent Monsieur Lémarchet, les chefs d’entreprises qui, tel Maurice Lévy, accepte de payer plus d’impôts à condition que le gouvernement actuel comme ceux à venir, à condition donc, qu’ils ( les gouvernements ) fassent ce que lui ( contribuable Lévy ) leur demande de faire…

L’IFOP nous a sondé et nous aussi nous sommes inquiets… Voici une très bonne nouvelle pour tout le monde ( il va peut être enfin se passer quelque chose et l’argent va arrêter de passer par les fenêtres ) mais c'est peut être paradoxalement une moins bonne nouvelle pour l'économie. Ils, vous, nous avons des dettes… Et trop… Enfin nos pays. C’est un fait acquis.
Mais comment allons-nous nous employer à sortir de cette ornière ?... Ben en dépensant moins nous a dit notre Premier Ministre. Adieu donc les voyages dans la Sarthe en Falcon avec la C6 blindée qui suit par la route, les appartements de plus de 350 m2… Heu non… Personne ne nous a parlé de réduire ces dépenses là. C'est simple. Il faut raboter les niches fiscales, virer des fonctionnaires, faire travailler plus ceux qui restent, augmenter certains taux de TVA. Tiens, notons au passage qu’au train où vont les choses, grâce à la magie de cette taxe, il sera bientôt moins onéreux d’acheter son Coca chez MacDo que chez Leclerc ou Carrefour !
Mais voila… La Grèce, l’Espagne, la Grande Bretagne l’ont fait avant nous… Et patatras ! La croissance est tombée en rideau. Caramba ! Encore raté…
Eh oui Mesdames et Messieurs encore probablement raté car curieusement, le déficit public, ce n’est pas une grosse somme précédée d’un signe moins mais c’est une fraction avec les dépenses en numérateur et les recettes ( le PIB ) en dénominateur. D’ailleurs notre nouvel ami, Monsieur Lémarchet semblerait de mon avis. Le net bruisse de rumeurs selon lesquelles Monsieur Lémarchet serait inquiet de ce zéro croissance.
Jusqu’à présent, les économistes ne nous ont affolés qu’avec la dette publique. Mais que dire de la dette privée qui est aussi sacrement importante en Grèce et aux USA ? C’est aussi une dette nationale car il est logique de considérer qu’elle pèse sur l’économie d’une nation. État des lieux :
La France était, est, et restera longtemps un pays d’épargnants. Le patrimoine financier des Français est estimé à 3 320 milliards ( dont la moitié en assurance-vie ). Celui de l'État français strictement mobilier ( sans le Louvre et la tour Eiffel ) ressort aux environs de 850 milliards d'euros. La France comptabilise donc un peu plus de 4 000 milliards d'actifs financiers. Voici pour le premier plateau de la balance. Dans le second, les dettes privées ( 1 000 milliards surtout en crédit immobilier ) et publiques ( 1 600 milliards ) soit 2 600 milliards et donc au final un solde largement positif. Pour une fois, je suis tenté de rejoindre Jean-Luc Mélanchon qui à déclaré au Monde « Imaginez que l'on compare ce que vous devez pour l'achat de votre appartement et votre revenu annuel ! »
La France dispose d'un deuxième atout superbement ignorés par les obsédés gouvernementaux de la règle d'or et les ayatollahs de la réduction de la dette publique, un investissement pour le futur : une démographie qui nous coûte cher aujourd'hui mais peut nous rapporter gros demain, alors que ce sera l'inverse en Allemagne. Rappelons nous le « Produire et instruire » de François Bayrou
Alors réduisons nos dettes oui… Mais pas tout simplement en « tapant » dans les dépenses… Action que n’importe quel pékin venu peut entreprendre.
Il faut que nos politiques relancent la machine France car ce n’est que par le haut que nous pourrons sortir de la situation inconfortable dans laquelle nous sommes…

lundi 22 août 2011

Le poids et la force des mots.


 En 2007, il avait ouvert une troisième voie avec 18,70 % des suffrages en créant une belle surprise. Son livre programme « Projet d’espoir » recelait une vraie vision pour notre pays. Une vision discutable, contestable, amendable mais une vision et un projet de société. A l’inverse, les programmes de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal n’étaient que des compilations de mesures dont il était difficile de comprendre, après lecture, vers quoi leurs auteurs voulaient nous conduire. J’avais à l’époque « beaucoup de temps à tuer » entre le canapé et les fauteuils de mon salon et mon lit aussi ai-je lu les trois projets dont d’ailleurs seul François Bayrou, puisque c’est de lui dont il s’agit, avait jugé utile de faire un livre. Ses deux concurrents se contentant de mettre à disposition sur leur site de campagne leur projet en téléchargement. Ces lectures m’avaient conduit comme beaucoup à le choisir pour le premier tour et à voter blanc quinze jours plus tard car je pensais ( et je pense toujours ) Royal largement sous dimensionnée et prisonnière d'un parti archaïque. Confusément je sentais aussi que Sarkozy n’allait pas se révéler le Président dont avait besoin notre pays ni l'homme qu'il prétendait être. Au passage, s’il s’appliquait à ce jour la « culture du résultat » dont il nous a tant rabattus les oreilles, il ne devrait pas se représenter !
A quelques mois des élections présidentielles de 2012, et à l’occasion de la sortie de son livre « 2012 état d’urgence », François Bayrou annonce en deux mots, deux verbes qui claquent, ses ambitions pour notre pays et la voie dans laquelle il nous engagerait en cas de succès de sa part en mai 2012 : « Produire et instruire ».
J’avoue qu’en tant qu’ancien communicant j’aurais aimé être l’auteur de ce slogan. Tout est dit dans ces ( ses ) deux priorités. Ces deux lignes directrices ont l’avantage de décrire un projet de gouvernement bien plus concret qu’aucun des slogans que ces futurs adversaires ont élaborés. Les gourous en communication de droite comme de gauche ont encore un peu de taf pour être à niveau de « la promesse » de Bayrou !
Les slogans des prétendants à l’Elysée sont souvent composés de formules creuses, du et de références incontournables ( ce qu’il est convenu d’appeler du bullshit de pubards ) qui, certes, vendent l’espoir de lendemains meilleurs mais qui dans le fond ne disent pas grand chose aux Français. Petit florilège…
- LO « Toujours dans le camps des travailleurs »
- NPA « Nos vies valent plus que leurs profits ».
- Mélenchon « Place au peuple »
- Marine Le Pen « La voix du peuple, l’esprit de la France ».
Là que du traditionnel. Tous surfent sur leur fond de commerce habituel, le populisme.
- François Hollande « La France en avant ». Oui, mais vers où ? Vers quoi mon petit François ?
- Arnaud Montebourg « Bâtir la nouvelle France ». Ok. Génial. Mais elle est comment la nouvelle France Arnaud ?
- Martine Aubry « Le changement a un nom : Martine Aubry ». Et le chef reste toujours le chef. Quant à considérer que Martine est la vivante incarnation du changement ( lequel du reste ? ), il y a un peu plus d’un pas à franchir…
- Eva Joly « Le changement juste » recyclage de « L’ordre juste » de Marie-Ségolène en 2007 ( ce qui logique car un écologiste, un vrai, recycle mais ne jette pas ! ).
- Dominique de Villepin « Pour une France citoyenne, juste et indépendante ». Rien oublié ? Tout est dit ?
- Ségolène Royal « La force citoyenne » remake de « La force tranquille » de Tonton. Force au service de qui ? de quoi ? …
- Nicolas Sarkozy , slogan probable « La république qui protège ». La veuve et l’orphelin sans doute ? Nous avons déjà vu ce que cela donnait…
Je serai candidat à cette élection, je peux vous dire que  « mes communicants » se prendraient une sévère remontée de bretelles…

PS ( 23/08 ) : d'ailleurs Jean-Louis Borloo, qui a déjà lu le livre de Bayrou ne s'y trompe pas... Ce matin, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui a fondé le  « Parti Bouder » depuis qu'il n'a pas obtenu Matignon déclarait sur RMC que « l’éducation et la lutte contre la perte de l’emploi industriel » devaient être les priorités pour la France. Godillot au gouvernement et sans idées personnelles pour faire exister son opposition molle... Voila un éventuel candidat qui promet !   

vendredi 19 août 2011

Réduire les déficits, c’est bien. Relancer la croissance, c’est mieux.

Le dernier sondage de l’Ifop vient de tomber. Nous sommes 82 % selon cet institut à nous déclarer inquiet au sujet du déficit public et de la dette. D’ailleurs les agences de notation, pythies du capitalisme financier nous l’ont bien dit. Monsieur Lémarchet aussi. Être endetté, c’est ne reposer que sur un pied au bord d’un précipice sans fond. Soit dit en passant, ce vilain monsieur Lémarchet d’ailleurs pense ou plus exactement certains opérateurs de monsieur Lémarchet pensent qu’il va être possible de s’en mettre plein les fouilles en spéculant sur la faillite des états endettés.
Évidement oui il faut réduire la dette publique. Et nos gouvernants doivent être ultra vigilants sur toutes les dépenses qu’ils engagent ( ce qui est loin, à mon sens, d’être encore le cas ). Mais tailler jusqu’à l’os dans certains secteurs de la fonction publique et prioritairement dans le social ne résoudra pas tout. Un pays sous administré n’est pas la réponse aux problèmes que traverse la France et ce n’est pas en vendant ce qu’il reste des bijoux de famille que nous nous en sortirons. Près du quart de la population active ( 21,9% ) travaille dans la fonction publique. C’est trop mais attention d’ores et déjà au « pas assez » et surtout au « pas assez bien ».
C’est en relançant durablement la croissance et en dégageant des excédents financiers que notre économie s'en sortira. Il sera ainsi possible de rembourser progressivement nos dettes tout en investissant pour l’avenir. Preuve en est les recommandations du secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, de rapidement renouer avec une croissance durable, « meilleur moyen pour réduire la dette et le chômage », ainsi que d'« engager des réformes publiques pour maintenir un service public de qualité - santé, éducation, recherche - dans des contraintes budgétaires serrées ». Le même recommande aux gouvernements de « préserver et renforcer le capital humain », d'attirer du personnel expérimenté pour gagner en productivité, en utilisant aussi davantage les technologies de l'information car aujourd’hui seuls 40% des particuliers les utilisent pour interagir avec les administrations ce qui laisse une marge de progression du rapport coût efficacité.
Le recours aux partenariats public-privé, qui a augmenté de 15% en moyenne depuis dix ans, est une autre source d'économie. À condition qu'il soit ciblé, encadré et accompagné d'une bonne gouvernance et de transparence ce qui n’est pas toujours le cas dans notre pays…
Car ne nous y trompons pas. Les torses bombés de nos dirigeants n’y feront rien. Les coups de menton annonçant un recul de l’âge légal de départ en retraite, le non remplacement de N fonctionnaires partant à la retraite, les rabots des niches fiscales, ne nous donnerons qu’un faible répit vis-à-vis des marchés.
Le zéro de croissance pointé par l'Insee pour le deuxième trimestre de cette année pèse davantage que les effets d'annonce du gouvernement sur la rigueur budgétaire. D'autant que cette croissance zéro ( qui va avec une progression limitée à 0,1% en Allemagne, ce même trimestre ) s'accompagne d'une baisse ( - 0,4% ) de l'indice des prix en juillet. Deux clignotants inquiétants sur les risques de récession propres précisément à plomber un peu plus les comptes publics.
La myopie des marchés financiers qui ne réagissent et ne sur réagissent qu’à court terme n’est pas telle qu’à un moment donné, ils ne se rendent pas compte qu’il n’y a plus de carburant dans le moteur France… Ils prendront alors conscience, mais un peu tard, qu'il n'y a pas que les comptes publics dans la vie financière, que les résultats des entreprises comptent également pour quelque chose dans leur activité et leur rentabilité.
Si la récession s'installe pour de bon, dans notre pays, en Europe et aux États-Unis, adieu les dividendes, les cotations boursières continueront de plonger.
Tirer sur la corde du financement des États endettés, cela va pour un temps, mais si la corde se rompt à cause de révoltes sociales contre l'austérité, ou par panne de croissance, il n'y aura que des pertes à engranger. Et cette fois ci, pour tout le monde !


Allez, à la revoyure monsieur Lémarchet…

dimanche 14 août 2011

Les agences de notation : le thermomètre infecté (2).


Je parlais dans le précédent post de juges « politiques » quant au nouveau rôle des agences de notation. Quelques preuves pour étayer cette affirmation.
L’erreur à 2 000 milliards de US$. Comment d’ailleurs un spécialiste peut faire une erreur si grosse dans l’analyse de ce qui est encore la première économie mondiale qu'elle se révèle détectable en 24 heures ? Quand le gouvernement américain a protesté au sujet du calcul de S&P et l’a contesté demandant à l’agence de revoir sa copie qu’a fait l’agence de notation ? La logique économique aurait voulu qu’elle différa son jugement et annonça dans la foulée un réexamen des comptes nationaux US. Après tout, l’urgence n’était pas telle. Elle n’en a rien fait. Elle a juste changé les motifs de sa décision. Paradoxe : les chiffres sont faux mais la décision est fondée ! Dans ce cas de figure, nous sommes passés d’une raison économique à une raison politique. Se posent dans cette situation deux grandes familles de questions. Qui est derrière S&P ? Quels intérêts représente-t-elle ? Certainement pas le gouvernement américain, mais peut-être une partie de la classe politique US s’opposant à Obama et qui trouve là une occasion unique de tirer sur le président à quelques mois des élections présidentielles. Raison supplémentaire : le nerf de la guerre : l’argent. Après avoir dégradé la note des États-Unis pour S&P revenir provisoirement ou définitivement sur sa notation aurait détruit une partie des bénéfices de ceux pourquoi ils travaillent et qui spéculaient à tout va au NYSE quelques heures avant l’annonce de la dégradation. Cela aurait également détruit la réputation de S&P. Il était donc impératif de ne pas revenir sur cette note. Dans ces conditions, la notation n'est plus vraiment une notation. Ce n’est plus, finalement, qu’un lobby de défense d'intérêts financiers particuliers.
Deuxième preuve : la Chine. Ce pays dont les dirigeants politiques, économiques et financiers ont tout compris aux avantages du couple « dictature ( pour les masses )- capitalisme financier ( pour l’élite ) » a créé ses propres agences de notation. La raison d’une telle création pour la Chine est bien évidemment la défense d'intérêts politiques et économiques chinois. Pas la participation active au bien de l’univers !
Les agences de notation sont donc aujourd’hui des agences financières qui ont pour but de servir des intérêts d'une nation (agences gouvernementales) ou d'un groupe d'investisseurs privés.
Un dernier point. Comme vous le savez, il n’y a pas d’agence de notation européenne…

samedi 13 août 2011

Les agences de notation : le thermomètre infecté (1).


En ces temps gris ( je parle du temps « météo » qui ne m’incite pas à lever les voiles du Christal ) une question me turlupine ( de cheval comme il se doit ). Comment Standard & Poor’s arrive-t-elle a noter toute seule avec seulement 100 analystes 136 pays ? Ce qui ne représente même pas un gugusse par pays « à surveiller » ( 0,73 analyste par pays ). Quand Price Waterhouse auditait les comptes de l’entreprise que je dirigeais, modeste PME d’environ 200 personnes, ils débarquaient à cinq ou six et s’installaient pour une dizaine de jours. L'analyse des comptes d'un pays requiert certainement beaucoup de plus de moyens que n’en aligne cette société pour être fiable.
D’autant que ces fameux « experts » peuvent se prendre les pieds dans le tapis. et méchament en plus ! En effet, que penser du fait que S&P, ni ses deux autres petits copains Moody’s et Fitch du reste, n’avait pas prévu la bulle immobilière de 2007 ? Agences qui au passage avaient doté les fameux « subprimes » d’un magnifique triple A bénissant ainsi l’inoculation d’un sida financier dans l’économie mondiale via la titrisation de créances pourries. Sans parler des 2 000 milliards de US$ que S&P a « oublié » dans son dernier examen de la situation des comptes des USA… 2 000 milliards… Une paille !
D’où cette deuxième question. Est-ce que les agences de notation dont les avis font trembler jusque sous les voutes de la Maison Blanche et ( accessoirement ) de l’Élysée sont vraiment bien outillées pour pouvoir noter des pays ? Rappelons au passage et sans aucune perfidie que leur mission initiale n’était pas de noter des pays, mais les obligations émises par les entreprises privées.
Sans vouloir minimiser le poids de la dette en France et en Occident, dette qu'il faut absolument résorber, il est logique de répondre que, non, ces agences ne sont pas structurées pour juger de l’état des finances d’un état. De juges « économiques » qui validaient la qualité d’un « papier » émis par une entreprise, les voici devenues des juges « politiques » qui interférent dans les politiques des états. Car dégrader la note d’un pays permet d’imposer à ce pays des privatisations sur des marchés que l’on pourrait avec un très léger abus de langage qualifier de régaliens : eau, énergie, infrastructures, ( encore des marchés juteux pour des spéculateurs qui s’ouvrent ), des suppressions d’avantages sociaux ( baisse du cout du travail et pression sur l’emploi ), d’augmenter le chômage ( et donc de faire baisser le cout du travail ), etc.… Du pain béni non pas pour d’honnêtes entrepreneurs mais pour des prédateurs financiers.


A suivre…

jeudi 11 août 2011

La règle d’or.

Gros branle bas de combat. La situation est grave, très grave ( sans rire ). La prise de conscience semble être faite. Notre pays a vécu au dessus de ses moyens ou, plus exactement, de mon modeste point de vue, a été mal géré ET a vécu au dessus de ses moyens depuis plus de 30 ans. Dépensant plus qu’il ne gagne, et dépensant en grande partie de façon improductive, notre Hexagone relève aujourd’hui de la commission de surendettement.
Notre Président, qui n’avait pas fait, à l’inverse d’un de ses rivaux à l’élection présidentielle, ( François Bayrou ) de la réduction de notre dette, un de ses axes de campagne 2007 pense avoir trouvé la parade aux mauvaises habitudes de nos gouvernements : la règle d’or. Pour faire court, il s’agit d’inscrire dans le marbre de la Constitution l’impossibilité de bâtir des budgets en déficit. Je rappelle ici au passage que je parle du même Président qui, en juin 2009, devant le Congrès ( Sénat et Assemblée réunis à Versailles ), avait sorti de son chapeau un grand emprunt de 100 milliards ! ).
Il faut au moins « une règle d’or » pour que nous y arrivions ! Quel ménage, quelle entreprise a besoin d’une « règle » pour comprendre qu’il est impossible de dépenser durablement plus que l’on ne gagne !
A la fin de l’année 2010, la dette de la France s’élevait à 1 591 M € ( mille cinq cent quatre-vingt onze milliards d’euros ). Elle a aujourd’hui dépassé 1 640 M €. Le service de la dette ( les intérêts des prêts ) représente annuellement 120 milliards d’euros.
En 2004, Nicolas Sarkozy exerçait les responsabilités de Ministre de l’Économie et des Finances et il n’a quitté les bancs du gouvernement qu’au moment de son élection à la Présidence de la République en 2007. Comment a évolué notre déficit depuis 2004 ?
- Fin 2004 : 1 076,9 milliards d’euros, soit 64,9 % du PIB
- Fin 2005 : 1 145,4 milliards d’euros, soit 66,4 % du PIB
- Fin 2006 : 1 149,9 milliards d’euros, soit 63,7 % du PIB
- Fin 2007 : 1 208,9 milliards d’euros, soit 63,8 % du PIB
- Fin 2008 : 1 315,1 milliards d’euros, soit 67,5 % du PIB
- Fin 2009 : 1 489,0 milliards d’euros, soit 79,0 % du PIB
- Fin 2010 : 1 591,2 milliards d’euros, soit 82,3 % du PIB
- Fin mars 2011 : 1 646,1 milliards d’euros, soit 84,5 % du PIB
Plus généralement et en lisant les deux diagrammes de ce post, on s’aperçoit que les « creuseurs de déficit » ne sont pas forcement majoritairement des hommes et des femmes de gauche.
Je vois déjà quelques sourcils se froncer se préparant à me coller une étiquette rosâtre entre les deux yeux… On se calme. Grâce à la gauche, nous en avons eu aussi de belles et de savoureuses et la liste est longue. Là n’est pas l’objet aujourd’hui…
Revenons à la règle d’or inspirée à notre Président par la vertueuse Allemagne. Comme pour le bouclier fiscal ainsi que la suppression de la taxe professionnelle, il nous donne comme exemple sa copine Angela. Et comme d’habitude, c’est du flan. Car, la loi fondamentale allemande de 1949, dans son article 110, dit bien que les dépenses et les recettes doivent s’équilibrer mais elle autorise les emprunts à hauteur des crédits d’investissement inscrits au budget dans son article 115. Dans la pratique, les différents gouvernements d’outre-Rhin ont dérogé une dizaine de fois depuis 1970 à cette règle générale, et l’Allemagne s’est endettée, à l’instar de la majeure partie des pays développés. Sa dette aujourd’hui est de 81,25% du PIB, à comparer aux 84,5% du PIB pour la France.
De plus faut-il rappeler que la France a déjà une loi de programmation des finances publiques depuis 2008 qui fixe les dépenses de l’État dans le cadre d’une loi triennale. Accessoirement, l’article 34 de la Constitution, adopté le 23 juillet 2008, prévoit un « objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques ». Du flan, que j’vous dis ! D’autant que cette règle ne s’appliquerait qu’en 2013, ce qui permettra de présenter un budget 2012 « acceptable » aux yeux des électeurs contribuables !
Pour finir sur ce sujet :
- L'exonération des heures supplémentaires coûte 4,5 milliards d’euros en moyenne par an.
- Le rapporteur de la Commission des Finances de l’Assemblée, l’UMP Gilles Carrez, chiffre à 8,9 milliards d’euros pour 2010 le coût de la réforme de la taxe professionnelle (TP) contre 3,9 milliards initialement prévu.
- Baisse de la TVA dans la restauration : 3 milliards / an de manque à gagner pour les finances publiques depuis 2008…


La règle d’or… Allez une bolée de c’ditre pour tout le monde !

lundi 8 août 2011

Jamais deux sans trois...

A deux reprises j'ai déjà parlé des ouvrages de Caroline Moreau. Jamais deux sans trois donc car Caroline nous propose, depuis quelques semaines, son troisième ouvrage : Les passagers.
Ne comptez pas sur moi pour vous en dire tellement plus... Il s'agit de trois petites nouvelles élégamment écrites, pleines de vent et d'odeur de varech car, vous l'avez déjà deviné, elles se passent toutes dans notre belle presqu'île.

Alors puisque le temps n'est pas formidable, pourquoi de pas lire ce livre... Voire les deux précédents si ce n'est pas déjà fait ?

Rien de plus facile car vous trouverez l'auteure chaque mardi au marché de Kerhostin et chaque jeudi au marché de Saint-Pierre Quiberon...

Il est possible d'en savoir plus sur son site : Caroline Moreau et même d'y commander ses ouvrages ! Et si votre connexion internet n'est pas au mieux de sa forme, rendrez-vous à la librairie de Port Maria à Quiberon pour vous procurer ses livres...

Deux ou trois petites choses pour terminer... Personnellement j'ai bien aimé Les passagers et moi qui ne suis qu'un fainéant et un dilettante qui se contente d'attendre de ses bouquins se vendent sur internet, je suis admiratif devant la pugnacité et la constance de Caroline qui installe courageusement sa petite table et son parasol chaque jour de marchés sur de la presqu'île...

samedi 6 août 2011

Cartes postales de vacances

Quand il pleut ( et depuis ce matin, il pleut des cordes ), il est d'usage de gribouiller quelques cartes postales à destination de la famille, des amis, des collègues de travail. Grâce au site lepost.fr, il est possible de visualiser celles envoyées par notre Président de la République à ses connaissances. En voici quelques unes.











 
En cliquant sur le lien du " Post", il est aussi possible de se régaler de celles d'Eric Besson. Et pour visualiser ces cartes postales en grand format, il suffit de cliquer dessus...

vendredi 5 août 2011

Dépression piège à cons ?


Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy rêvait tout haut et pensait intégrer les notions de bonheur et de bien-être dans le calcul de la croissance. Une revue médicale a pris le problème par l’autre bout en étudiant une vingtaine de pays à la loupe. La revue BMC Medecine s'est attaquée à la dissection du meilleur ennemi du bonheur ( non pas le malheur qui peut être aussi profond que provisoire ) mais la dépression, source de blues infini.
Et, sans aucune surprise, la France décroche la médaille d’or de la déprime en cet été pourri. Mais où ai-je fourré cette putain de boite de Tranxène ?
La revue anglo-saxonne BMC Medecine  a réalisé ses statistiques tout simplement en se demandant quelle était la proportion de la population passée par une période dite de « dépression » dans un pays donné ?
Le résultat est que les citoyens des pays à hauts revenus ont plus de chance de passer par une période de creux que d'autres pays à bas et moyens revenus. En étant un peu cynique, il est tout à fait possible de penser que la dépression s'apparente à un luxe. Ou, autre interprétation, c’est quand on a quelque chose à perdre que l’on devient anxieux.
Les dix pays à hauts revenus choisis pour l’étude se situent entre la neuvième ( États-Unis ) et la 28e place ( Israël ) des États ayant les plus forts PIB par habitant au monde. L'Hexagone donne à voir un pays dont la population, totalement camée, serait sous antidépresseurs, une seringue dans la saignée du coude, titubant comme des hordes de morts vivants, pour aller, carte Vitale entre les dents, se réapprovisionner à la pharmacie la plus proche.
Bien que l'étude soit considérée comme « nouvelle », de nombreux autres travaux ont déjà fait le tour de la presse et de la toile. Petit rappel de nos succès dans le monde de la déprime.
22 octobre 2007 : un Français sur cinq, soit trois millions de personnes, est touché par la dépression.
26 août 2008 : la France est la plus grande consommatrice d'antidépresseurs.
28 septembre 2008 : l'Institut de veille sanitaire communique sur le pourcentage de français atteints de dépressions : 5 à 7% selon l'étude.
24 avril 2009 : 37% déclarent souffrir de dépression pendant leurs vacances.
3 janvier 2011 : 61% des Français voient dans l'année 2011 une période économiquement difficile, tandis que seulement 3% l'envisagent avec enthousiasme. La France occupe la première place.
22 mai 2011 : parmi de nombreux indicateurs, le baromètre de conjoncture agricole de mai 2011 montre que les agriculteurs français, à hauteur de 38%, sont plus pessimistes que les agriculteurs allemands (7%).
En début d’année, Le Parisien interrogeait sur ce sujet le psychiatre Serge Hefez. Ce dernier voyait dans la déliquescence de l'État-Providence une des raisons du pessimisme en France : « Beaucoup plus que dans les autres pays développés, la notion d'État-Providence est très importante chez nous. Nous sommes fiers de nos systèmes de santé, d'éducation, considérés comme les meilleurs au monde. »
Et de rajouter :
« Mais plus ça va, plus les Français ressentent une perte du sentiment de protection de cet État-providence et une disparition de certaines valeurs qui font la France, comme la notion d'égalité. »
Alors, une fois encore, candidates et candidats à l’élection présidentielle… fouettez-vous les méninges pour protéger encore ce qui peut l’être tout en faisant respecter les valeurs de la République : « Liberté. Égalité. Fraternité. Laïcité. » et faites nous rêver !

jeudi 4 août 2011

Le plus grand plan social au monde ou des robots et des hommes.

Dans l’imagerie occidentale, les chinois restent une fourmilière qui ne dort jamais et où des millions d’individus travaillent sans rechigner pour deux bols de riz par jour.
Pour profiter de cet environnement paradisiaque, un grand nombre d’entreprises se sont installées en Chine. C’est le cas du groupe taïwanais Foxconn fournisseur de pièces détachées pour Apple, Sony et Nokia.
Mais même pour des chinois, trop c’est trop. A Shenzhen, une des usines de Foxconn a déploré 14 suicides l’année dernière. Le PDG du groupe, Terry Gou a rapidement lâché du lest et augmenté les salaires de pratiquement 70 % suite à ces " petits soucis " de management.
Mais précipitation n’est pas raison… Le même Gou vient d’annoncer, un an plus tard, l’installation d’un million de robots dans l’ensemble des usines chinoises de son groupe pour effectuer des opérations de montage simple en lieu et place des salariés peu réceptifs aux contraintes du capitalisme du XXI e siècle.
Résultat : 500 000 licenciements à venir annoncés par Terry Gou vendredi dernier à Shenzhen
Rappelons au passage que la Chine ce n’est pas qu’une croissance commerciale insolente mais c’est aussi 80 000 manifestations violentes en 2010 contre le pouvoir en place et sa conception du socialo-capitalisme radieux !

lundi 1 août 2011

Snif, snif...



Le créateur de " Bonne Nuit les Petits " Claude Laydu est décédé hier à l'âge de 84 ans. J'ai eu un petit coup de vieux sur l'instant, moi qui regardait cette émission dans les années 60 sur la grosse TV noir et blanc qui trônait dans le salon familial... Avant de filer au lit ! Plus de Marchand de Sable, de Nounours, de Nicolas et Pimprenelle...