Faut-il en parler ? Faut-il la définir ? Faut-il que ce débat et cette définition occupent une place dans l’espace politique, médiatique, citoyen ? A ces questions ma réponse est OUI. Oui, il faut en débattre sans équivoque, sans crainte et sans haine. Sereinement, humblement et avec une profonde lucidité. Ce qui a fondé une partie de l’identité de notre pays, c’est son histoire. C’est indéniable. La France fut grande, rayonnante et généreuse. Mais elle fut aussi faible et veule. Sa grandeur et sa force furent mis au service de causes nobles mais aussi hélas contribuèrent à développer des politiques d’asservissement ou de discrimination. Ses faiblesses et ses erreurs coupables creusèrent d’insondables abymes sous les pieds de ses enfants mais se révélèrent parfois de magnifiques terreaux sur lequel se construisirent des projets de société porteurs d’avenir. En quelques lignes, rapidement, voila une partie de notre identité. L’analyser lucidement. Se l’approprier. L’assumer dans toutes ses dimensions et sans idéologie malsaine. La partager avec le respect dû à un patrimoine commun bâti dans les larmes, la joie, la douleur, l’espoir, c’est ce à quoi les élites politiques, les intellectuels de gauche et de droite, les leaders d’opinion, les enseignants, doivent s’atteler sans aucun dogme pour ensuite l’enseigner, la faire comprendre à ceux qui aujourd’hui ne savent pas quel long chemin nous a conduit là où nous sommes.
Savoir d’où nous venons est essentiel pour définir qui nous sommes. Essentiel, mais pas suffisant. . Puisque notre Président est l’instigateur de cette démarche, en tant que Président de tous les Français, il se doit aussi d’être le garant de son aspect multipolaires et de sa neutralité politique.
Par aspect multipolaires, j’entends qu’il n’est pas concevable, un seul instant, que l’identité française soit construite à l’aune de la pression migratoire aux frontières de l’Union Européenne. Le passé a fait de la France une terre d’accueil et de refuge pour les opprimés et cette valeur doit rester dans nos gènes communs. Mais il n’est pas admissible, non plus, que notre identité commune, se fragmente sous l’effet de groupes ethniques ou mafieux. Ni qu’elle soit dissoute par des pensées d’intellectuels fats et blasés ou par l’action de politiciens ne défendant pas d’autres intérêts que les leurs. Cette identité doit être le rempart contre ceux qui foulent aux pieds la liberté de leurs concitoyens au nom de causes religieuses extrémistes, de trafics inacceptables ou de coupables renoncements.
Les droits et les devoirs de tous, du premier d’entre-nous jusqu’au plus humble, doivent être clairs et sans ambiguïtés, ne souffrir aucune entorse, que l’on soit puissant ou faible. Jouir de ses droits ne doit être possible et concevable que, quand chacun, au niveau qui est le sien, a rempli ses devoirs.
L’identité nationale n’est pas une posture. C’est un bouclier d’airain inflexible et dur contre l’intolérance, le fanatisme, la cupidité, le mépris, la violence… C’est un cocon protecteur visant à promouvoir l’apprentissage de nous-mêmes, le savoir, le talent, la générosité, l’enrichissement mutuel par la différence et le respect.
Cette réflexion ne doit pas être instrumentalisée. Il ne peut pas être acceptable qu’elle soit reléguée au rang d’arbre, aussi majestueux soit-il, qui cache la forêt. Notre identité nationale est inscrite depuis des siècles aux frontispices de tous nos monuments publics « Liberté, Égalité, Fraternité ». Plus que jamais, ces trois mots révolutionnaires sont les garants d’un futur individuel et collectif dont nous pourrons légitimement être fiers. A nos élus de faire vivre cette devise et bâtir sur ces trois mots si simples un projet aspirationnel, celui d’une société ouverte, forte, généreuse et libre….