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" SI JE SUIS UN SOT, ON ME TOLERE ; SI J'AI RAISON, ON M'INJURIE. " Goethe.

vendredi 13 novembre 2009

Mots ou expressions à la mode...Ou inventés...

Vous avez remarqué vous aussi, qu’il en va de notre langage comme du catalogue de La Redoute, ou plus glorieusement des visions de Karl Lagerfeld. Il y a des effets de mode dans notre phrasé quotidien, influencé par les média, les pies-pôles, les femmes et les hommes politiques.
J’ai connu l’arrivée des Kahefs en entreprises (j'ai soudain un coup de mou)  qui ont été ensuite remplacés, par les plus accros à la chose, par le simplissime « kilo ». Il ne s’agissait pas en l’occurrence du poids du chapon de Noël mais, par exemple, du montant d’une prime donnée ou reçue. Méfiance donc. Début des années 90, le « J’ai pris 15 kilos » pouvait signifier, selon le contexte et / ou l’interlocuteur « Je suis limite obèse » ou J’ai reçu une gratification de 15 000 francs ». Puis sont apparus, je retiens au hasard « les points durs ». Il était de bon ton d’en voir et d’en mettre partout. « C’est un des points durs de ce dossier ». Aïe, Aïe ! Avoir des relations, des affaires, des négociations sans point dur relevait d'un manque de professionalisme patenté. Puis ou avec, je ne sais plus, cette manie de faire suivre une affirmation par un questionnement qui n’engageait que le narrateur : « Blablabla, blablabla… Pourquoi ? Je vais vous le dire. Parce que… blablabla, blablabla ». Un des grands utilisateurs de cette pirouette qui évite les questions emmerdantes gênantes était notre actuel Président de la République. Sont arrivés ensuite, les mots inventés « Bravitude » (Marie Ségoléne) est le premier qui me vient à l’esprit. Mais depuis peu, nous avons « Imprivatisable » (Estrosi). Un de ses synonymes le plus courant est "blague". Auparavant, la ressussiture (y a pas de raison) de mots oubliés avait atteint notre mode d'expression. « Abradacabrantesque » étant peut être le plus fameux :
Ithyphalliques et pioupiesques, / Leurs insultes l’ont dépravé ; / À la vesprée, ils font des fresques / Ithyphalliques et pioupiesques, / Ô flots abracadabrantesques, / Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé !
Initialement créé par A. Rimbaud, ce nom qualificatif fut remis au goût du jour par notre petit père du peuple Jacquot (que nous aimons tous d'amour) en même temps que le nom d’une vieille boisson gazeuse…( Ouvrez la bouteille )  Alors que Lionel « Gay -Luron » Jospin, faisait un four avec « mithridatisation »… ( Merci Wiki )  . Va comprendre Fernande !!! Ensuite, j’ai lu et entendu qu’il fallait que tel homme ou parti politique « Change de logiciel ». Naïvement, je croyais cette manipulation uniquement destinée à des ordinateurs… Pourquoi ne pas dire, plus simplement, changer son mode de réflexion, sa pensée… ? Parce que ça fait tarte, Marthe !

Allez, un petit dernier pour la route. Entendu mardi soir à six reprises alors que j’écoutais sagement les délibérations du Conseil Municipal de Saint-Pierre-Quiberon : disconnection… ou dysconnection… Si j'ai bien entendu la phonétique, je ne sais pas comment le locuteur créateur de ce nouveau mot l'écrit. Les deux orthographes seront donc admises. Je tente de soumettre aujourd'hui ce projet de définition aux rédacteurs du Petit Robert en espérant qu'ils acceptent ce nouvel entrant potentiel :  Di(y)sconnection : nom féminin singulier ; fait de déconnecter (sans doute) , de défaire une connexion (probablement), de séparer deux éléments joints (éventuellement) Synonymes : coupure, débranchement, disjonction, scission, déconnexion (USURPATEUR !!!) . Antonymes : assemblage, lien.
Et comme disait ce bon Voltaire "Chaque science, chaque étude, a son jargon inintelligible, qui semble n'être inventé que pour en défendre les approches."

1 commentaire:

Anonyme a dit…

si ma grille de loto de ce soir pouvait éviter d'être en dysconnection avec le tirage cela me permettrait de me dysconnecter de ma vie actuelle, classe non!!!!