Nos paysans désertent leurs exploitations et s'invitent dans le débat européen.Ils nous l'ont montré par le passé, leurs intrusions dans la vie politique, sociale et économique sont toujours musclées.
La cause de leur colère : le comportement de Lactalis ( premier " acheteur " européen de lait et second mondial ) et de l'industrie laitière. Comme un bon Fermier Général sous la monarchie, cette entreprise a décidé de baisser le prix d'achat du litre de lait de 30,30 centimes d'€uros à 21,10 centimes d'€uros ce qui représente une diminution de plus de 30 %. Quels acteurs économiques accepteraient de subir, sans négociation, une réduction si importante de ses revenus ? La réponse est limpide : aucun.
Voila pourquoi le lait coulait à flot dans les rues de Boulogne sur Mer hier et que des vaches ont été faire un tour entre les rayons d'hypermarchés. Que s’est-il passé pour que nos verts pâturages produisent du lait tout juste bon à aller inonder les préfectures ? Tout simplement l’éternelle collusion entre l’agroalimentaire et la grande distribution, la première tenue serrée de très près par la seconde. Ceci se traduit par la mise à disposition de produits bas de gamme aux coûts de production minimalistes afin de garantir un maximum de profit aux différents intermédiaires. Résultat, le consommateur ingurgite des produits laitiers indignes et les éleveurs sont sur la paille. Qui expliquera pourquoi, aujourd’hui, près de la moitié des laits de consommation courante proviennent par exemple de Nouvelle- Zélande ou d’Australie ?
Détail croustillant que tout le monde a déjà remarqué, la baisse du prix de la matière première n'est pas répercutée en rayon. Faut pas déc.... Entre les marges d'intermédiation, les coûts de commercialisation ( marketing et communication ) et la rémunération des actionnaires, la matière première ne pèse plus très lourd dans le prix final. C'est ce que l'on appelle sans doute le " lait allégé "...
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