Gasp ! En quelques clics me voila encore plus agacé que ne l'était, il y a quelques jours, notre Président de la République...
Quelques chiffres clefs concernant Valeo et son P.D.G. ( source Libération d'hier )
- 207 millions d'€uros de perte en 2008.
- 1 600 suppressions d'emplois dans le dernier plan social actuellement mis en oeuvre
- 19 millions d'€uros d'apport du F.I.S. (le Fonds d'investissement stratégique récemment créé par la gouvernement pour aider les entreprises en difficulté)
-...Et 3, 2 millions d'€uros de prime de départ pour son patron...( pour bons et loyaux sévices !)
Comme il n'y a que son expérience qui compte, je me plonge dans mon passé professionnel encore assez frais dans ma fragile mémoire. J'avoue ! J'avais un parachute doré ! Et oui ! Patron de l'activité "France" au début des année 90 d'un " petit " groupe de communication international, je pouvais prétendre à une indemnité de licenciement si, et seulement si, j'étais viré suite à un changement d'actionnaire. En gros, si ma tête de pioche ne plaisait pas au nouveau proprio. Le groupe fut vendu à un gros cannibale du New York Stock Exchange, ce qui ne changea rien à mon sort. Le nouvel actionnaire jugea utile de me maintenir en place (ou m'oublia dans un coin qui sait ?) et le parachute doré resta soigneusement plié dans un placard quelque part du côté de Chicago...En revanche, je pense que si j'avais été aussi performant que le big boss de Valeo, je me serai retrouvé en deux coups de cuillère à pôt, sur le trottoir avec un carton sous le bras contenant la photo de ma petite famille et deux ou trois stylos Bic (oui...comme dans les films ! )
et j'aurai trouvé ça normal...
et j'aurai trouvé ça normal...Le système de parachute dit doré a été peu à peu perverti jusqu'à l'obscène à cause de la collusion qui s'est établie entre des dirigeants plus préoccupés par leur avenir personnel que par celui de l'entreprise qu'ils manageaient et des actionnaires qui exigeaient des résultats de plus en plus en décalage avec la réalité économique.
Voila comment Thierry Morin, qui n'est qu'un nom de plus sur la liste déjà longue des patrons qui ont failli, peut, en toute légalité prétendre à son parachute lourd de quelques briques d'€uros.
Alors...comment interdire les abus ? Et bien quand on sait que ces sommes sont nettes de cotisations sociales pour les entreprises et ne sont assujetties qu'à la C.S.G. et la C.R.D.S. pour le bénéficiaire, il suffirait tout simplement que le législateur, dans sa sagesse réputée infinie, assimile le paiement d'un parachute doré à un salaire. Dans ce cas, l'entreprise supporterait des charges sociales et le bénéficiaire l'I.R.P.P. en plus de la C.S.G. et la C.R.D.S.
Petit calcul pour terminer :
Avec la fiscalité actuelle : soit un P.D.G. auquel son entreprise verse 3, 2 millions d'€uros.
Coût pour l'entreprise : 3, 2 millions d'€uros
Coût pour le P.D.G. : au titre de la C.S.G. 240 000 €uros (7,5 % du montant) auxquels se rajoutent 15 520 €uros de C.R.D.S. Montant net pour le parachuté : 2 944 480 €uros.
Avec une fiscalité identique à celle appliquée actuellement aux salaires :
Coût pour l'entreprise : 4 260 000 €uros (à plus ou moins une poignée d'€uros)
Coût pour le PDG : C.S.G. et C.R.D.S. inchangées soit 255 520 €uros, restent 2 944 480 €uros imposables à 50 % donc 1 470 000 €uros d'I.R.P.P. Total 1 725 000 €uros. Montant net pour le parachuté : 1 475 000 €uros ( ce qui reste très, trop confortable pour un type qui a m.... et pas qu'un peu).
Dans l'hypothèse 1, la collectivité (donc nous) récupère 255 520 €uros. Dans l'hypothèse 2, c'est 2 785 000 €uros récupérés par le contribuable !
Ce n'est pas une réponse 100 % satisfaisante. C'est juste une taxe sur le scandale...
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